Après la canicule de mai, bientôt des étés à 50°C en France : voici nos projections
L'épisode actuel de chaleur est exceptionnel, nous ne cessons de le répéter, à raison : mais que donneraient de telles anomalies thermiques en plein été lors d'une forte canicule, dans un climat réchauffé, par exemple en 2050 ?

Alors qu'une canicule inédite par sa précocité, sa durée et son intensité sévit dans le Nord-Ouest de la France, et que les autres régions connaissent un épisode de chaleur tout aussi exceptionnel, il est temps de se projeter sur nos futurs étés, dans un climat encore plus réchauffé : quelles températures pourrions-nous atteindre au maximum ?
Un record national actuellement à 46°C
Depuis vendredi 22 mai, plus de 500 records mensuels de chaleur ont été battus en France, dont plus de 350 rien que sur la journée de lundi. Et ce mardi n'a pas été en reste… Il faut dire que l'épisode de chaleur que nous connaissons est inédit et exceptionnel : jamais il n'avait fait aussi chaud en mai à l'échelle nationale, jamais une vigilance canicule (orange ou rouge) n'avait été déclenchée avant le 15 juin.
De nouveaux #records de douceur nocturne ont été battus la nuit dernière dans le nord-ouest et sur la façade atlantique, avec souvent plus de 20°C.
— Guillaume Woznica (@GWoznica) May 26, 2026
Il n'a pas fait moins de 23,3°C à Biarritz, 23°C à Belle-Île ou encore 22,1°C à Dinard... Dans cette ville, le record de mai est pic.twitter.com/Mf5tZ9k7Fl
Dans la journée de lundi, les températures maximales étaient en moyenne plus de 10 degrés (+10,23°C) au-dessus des normales de saison : normalement, entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin, ces températures sont, dans l'après-midi, de 22°C en moyenne sur la moitié Nord, et de 24°C en moyenne sur la moitié Sud. Mais dans certaines villes de l'Ouest, comme Nantes ou Brest, les températures se situaient 15 à 17°C au-dessus de ces normales !
Selon la TRACC, à lhorizon 2100 le nombre de jours en vague de chaleur à #Paris pourrait être multiplié par 10 et le nombre de nuits chaudes par 5. La température annuelle moyenne à Paris pourrait atteindre celle de #Montpellier en 2100 ️ https://t.co/RAfqQw0l0s pic.twitter.com/KXRzQDEA4f
— Mystere Météo (@MystereMeteo) March 20, 2026
Certains records ont été battus avec 2 à 4°C de plus que les précédents, montrant la dinguerie absolue de cet épisode. Du côté de Dinard, on a même frôlé le record absolu de chaleur nocturne : ce mardi 26 mai, la température n'est pas descendue en-dessous de 22,1°C au plus frais de la nuit dans cette ville d'Ille-et-Vilaine, explosant l'ancien record avec 6°C de plus ! Cette valeur est la deuxième la plus élevée jamais enregistrée, juste derrière les 22,4°C de la canicule d'août 2003.
En revanche, aucun record absolu de température maximale n'a été battu, fort heureusement. Le record national de chaleur en France date toujours du 28 juin 2019 à Vérargues, dans l'Hérault, où 46°C à l'ombre avaient été enregistrés. Mais avec ces épisodes de plus en plus extrêmes, va-t-on bientôt battre cette valeur, dès cet été ?
10 fois plus de jours de vague de chaleur d'ici 2100
Restons raisonnables : nous n'allons pas vous annoncer maintenant que Paris va subir des températures atteignant les 50°C dès cet été. En revanche, il n'est pas absurde de considérer qu'avec le même dôme de chaleur que nous connaissons actuellement, le record national de 46°C soit "amélioré" de quelques dixièmes. En tout cas, pour le moment, les prévisions saisonnières de Météo-France annoncent un été plus chaud que la normale en Europe : affaire à suivre.
Mon collègue Sébastien Thomas de la météo climat sur France 2 à propos des températures incroyables que nous avons actuellement. "On aura un jour 50 degrés à Paris". pic.twitter.com/Ae7DuRT5IX
— Julien Pain (@JulienPain) May 25, 2026
Avec le climat actuel, si des températures de 15°C au-dessus des normales de saison s'annonçaient en plein mois de juillet, voici ce que cela pourrait donner : jusqu'à 35°C à Cherbourg, 39°C à Lille, 40°C à Rennes, 41°C à Paris et Strasbourg, 42°C à Bordeaux et Cognac, 43°C à Lyon et Toulouse, 45°C à Perpignan, 47°C à Avignon et Carpentras. La météo n'est certes pas linéaire, et nous ne pouvons pas projeter cette situation sur juillet, mais cela vous donne le potentiel…
Une analyse pas forcément absurde, d'autant que dans cette liste, certaines villes ont déjà atteint ces valeurs lors des canicules de 2019 ou 2022 ! Selon la trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC), entre 2050 et 2100, les températures les plus chaudes de l'année seront en moyenne de 40°C, avec lors de canicules extrêmes, des pics de chaleur inédits atteignant les 50°C localement dans les régions exposées.
D'ici 2100, il faut s'attendre à 10 fois plus de jours de vague de chaleur, et des nuits tropicales (à plus de 20°C) devenant la norme près de la Méditerranée, jusqu'à 120 jours par an. Beaucoup de scientifiques estiment qu'il ne s'agit désormais plus de savoir si la France atteindra les 50°C, mais plutôt quand.
Référence de l'article :
Météo-France. Le climat futur en France : à quoi s'adapter ?