Quels fruits et légumes pourrons-nous cultiver en France en 2040 ?
Avec le réchauffement climatique, il sera nécessaire d'adapter les cultures de fruits et légumes françaises dans les prochaines années. Quels changements sont attendus d'ici 2040 ?

Selon une étude pilotée par le ministère de l'Agriculture avec les entreprises Cersco et AgroClimat, l'évolution du climat d'ici 2040 devrait entraîner une transformation majeure de la production des fruits et légumes français.
Les paysages agricoles français évoluent
On le sait, le réchauffement climatique engendre une augmentation progressive des températures moyennes à l'échelle mondiale. Cette augmentation des températures est d'ailleurs plus franche en Europe et donc en France que dans le reste du monde, ce qui a de nombreuses conséquences.
L'une d'entre-elles est l'évolution progressive de nos paysages agricoles français. En effet, comme le précise une étude réalisée par le ministère de l'Agriculture avec les entreprises Ceresco et AgroClimat, les zones de culture et la saisonnalité évoluent nettement ces dernières années et vont continuer de se métamorphoser d'ici 2040.
Il est donc aujourd'hui nécessaire d'adapter nos structures pour garantir notre future souveraineté alimentaire. Les filières de fruits et légumes occupent en effet 2,3 % de nos terres aujourd'hui. Malgré leur diversité de production, comprenant les plein champs, les serres ou encore la production industrielle, celles-ci font fasse à des rendements en baisse, une pénurie de main-d’œuvre et aux assauts du climat.
Une transition qui s'annonce complexe à gérer car celle-ci nécessitera la création de filières locales et un soutien technique important. Si l'olive dispose déjà d'équipements de transformation, le marché reste à construire pour la grenade, la pistache ou la nèfle. De plus, la transformation du secteur agricole ne sera pas la même en fonction des régions.
Comment va évoluer la production de fruits et légumes français ?
Dans le sud du pays, la production des légumes devrait rester dans l'ensemble assez stable grâce à la culture sous serre, qui permet de décaler les récoltes selon la météo. Néanmoins, les hivers se montrent de plus en plus doux, il sera donc tout de même nécessaire d'y implanter des espèces moins exigeantes en terme de gel ou même de nouvelles espèces comme la patate douce.
Cette carte est unique au monde. Après plusieurs mois de modélisation, léquipe dAgroClimat2050 dévoile une première mondiale : la biogéographie future (cest-à-dire laire de répartition potentielle) de lune des pommes les plus consommées au monde (la Golden) grâce à un modèle pic.twitter.com/BVonpor7Hu
— Dr. Serge Zaka (Dr. Zarge) (@SergeZaka) October 14, 2025
Certaines espèces ont en effet besoin des basses températures hivernales pour développer leur aptitude à fleurir au printemps, ce que l'on appelle la vernalisation. La durée de froid nécessaire et son intensité varient selon les espèces. Par exemple, 1 mois à 2°C pour les céréales, 10 semaines à 13°C pour l'olivier.
Du sud-ouest à la Bretagne, la douceur des hivers devrait également poser problème. En effet, le manque de gel obligera la sélection de variétés capables de produire sans vernalisation, ce qui induit un défit très important : adapter nos infrastructures actuelles tout en créant une demande pour ces nouveaux produits.
Il sera donc nécessaire de migrer certaines variétés vers le nord de la France. Par exemple, les cultures adaptées aux bassins du sud des Landes et du Lot-et-Garonne comme les prunes, les kiwis, les fraises, les fruits rouges, pourront être déplacées vers des zones de moyenne altitude mais également remonter vers le Centre-Val de Loire.
Dans le nord et le nord-est du pays, les conditions climatiques en 2040 devraient être favorables à plus d'espèces arboricoles tempérées qu'aujourd'hui. Le nord de la vallée du Rhône et les zones aux alentours de Besançon, Dijon, Nancy, Metz, bénéficieront ainsi de conditions climatiques comparables à celles du sud de la vallée du Rhône aujourd’hui, ce qui veut dire que ces régions pourront donc mettre en culture les espèces qui y sont actuellement implantées : pommes, poires, pêches, abricots, cerises.
Ainsi, l'étude pilotée par le ministère de l'Agriculture avec les entreprises Cersco et AgroClimat mets en évidence qu'un déplacement des bassins de production sera nécessaire dans les 15 prochaines années pour maintenir les niveaux de production du pays en fruits et légumes. Toutefois, il sera également nécessaire de diversifier les espèces et les variétés implantées.
Référence de l'article :
Fini les tomates et les courgettes : d’ici 2040, ces « nouveaux » fruits et légumes vont s’imposer dans nos potagers (et dans l'assiette), Ma maison mon jardin (18/01/2026), Alexis Petit
Quels futurs pour les filières fruits et légumes françaises d’ici 2040 ?, Ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, 13/11/2025