Planter des arbres… au risque de manquer d’eau : l’alerte venue de Chine et d’Afrique ! Les dangers de la reforestation

La Chine et l’Afrique nous apportent des enseignements sur la manière de planter des arbres sans assécher les sols, en conciliant la capture du carbone et l’eau. En savoir plus ici !

Planter le bon arbre au mauvais endroit peut être une erreur. L’écologie est une science de précision.
Planter le bon arbre au mauvais endroit peut être une erreur. L’écologie est une science de précision.

Au cours des dernières décennies, nous avons érigé la plantation d’arbres en l’un des outils les plus puissants pour lutter contre la désertification et les changements climatiques. Cependant, ce qui semble être une solution simple se révèle un défi écologique d’une immense complexité.

En analysant les développements récents en Chine et la vision de la Grande Muraille verte (GGW) en Afrique, nous comprenons que la réussite environnementale repose sur un équilibre fragile entre le stockage du carbone et le cycle de l’eau.

Le cas chinois : quand le vert consomme le bleu

Selon un rapport récent de Weather.com, les vastes programmes de reforestation menés en Chine provoquent des modifications inattendues du cycle hydrologique régional. Si la plantation de millions d’arbres a permis de freiner l’avancée du désert de Gobi et d’absorber des quantités massives de CO2, elle a aussi un coût invisible : la consommation d’eau.

Les nouvelles forêts, souvent composées d’espèces non indigènes à croissance rapide, ont une soif insatiable.

Par le biais de l’évapotranspiration, ces arbres renvoient l’humidité vers l’atmosphère, mais la puisent dans les sols et les aquifères. L’étude suggère que cette modification pourrait conduire à des pénuries d’eau pour les communautés locales et même affecter les régimes de précipitations dans les régions voisines.

Tout ce qui est vert n’est pas forcément bénéfique pour le bleu : planter des arbres sans discernement peut assécher les rivières et les aquifères. L’équilibre est essentiel !
Tout ce qui est vert n’est pas forcément bénéfique pour le bleu : planter des arbres sans discernement peut assécher les rivières et les aquifères. L’équilibre est essentiel !

La leçon de la Chine est claire : la reforestation ne peut pas être évaluée uniquement au nombre d’arbres plantés, mais à la durabilité des ressources en eau sur le long terme.

Afrique et la Grande Muraille verte

De l’autre côté du monde, l’initiative de la Grande Muraille verte pour le Sahara et le Sahel, portée par la UNCCD, propose une approche qui se veut plus holistique.

Ce projet monumental, qui traverse 22 pays africains sur 8 000 kilomètres, n’est pas seulement une ligne d’arbres ; il est décrit comme une « mosaïque d’interventions » visant à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030.

Contrairement aux premiers projets de monoculture, l’initiative africaine met l’accent sur la gestion durable des terres et la régénération naturelle.

Ce n’est pas seulement une ligne d’arbres, c’est une mosaïque d’espoir qui s’étend sur 8 000 km à travers l’Afrique.
Ce n’est pas seulement une ligne d’arbres, c’est une mosaïque d’espoir qui s’étend sur 8 000 km à travers l’Afrique.

L’objectif va au-delà de l’écologie : il vise à garantir la sécurité alimentaire, à créer 10 millions d’emplois verts et à séquestrer 250 millions de tonnes de carbone. Ici, l’arbre est un moyen au service d’une finalité sociale et économique, où l’implication des communautés locales est essentielle pour éviter les erreurs des projets purement technocratiques.

En conclusion, la « révolution verte » du XXIᵉ siècle exige que nous regardions au-delà de la couleur des feuilles. Il est essentiel que les projets de reforestation respectent la biodiversité locale et, surtout, l’équilibre hydrique des régions.

Planter le bon arbre, au bon endroit et avec une gestion appropriée de l’eau est la seule manière de garantir que la solution à la crise climatique ne devienne pas, elle-même, un nouveau problème environnemental. L’avenir de notre paysage mondial dépend de cette capacité à tirer les leçons de l’expérience et à harmoniser l’ambition humaine avec les lois de la nature.

Références de l'article :

https://weather.com/features/news/2026-01-21-china-tree-planting-changed-water-cycle

https://www.unccd.int/our-work/ggwi