Mayotte : cette nouvelle plante découverte pourrait déjà être menacée

Découverte à Mayotte, cette nouvelle plante à fleurs ne compte qu’une dizaine d’individus connus !

La Dombeya boulletiana, découverte et décrite en 2026, est une bonne nouvelle pour la biodiversité mahoraise © A.Dimassi/MNHN
La Dombeya boulletiana, découverte et décrite en 2026, est une bonne nouvelle pour la biodiversité mahoraise © A.Dimassi/MNHN

Après les dégâts causés par le cyclone Chido sur l'île de Mayotte fin 2024, l'espoir était mince de découvrir de nouvelles espèces de plantes. La découverte de plante Dombeya boulletiana est donc une très bonne nouvelle pour la biodiversité de l'île.

Une nouvelle espèce identifiée sur les pentes du mont Choungui

La plante Dombeya boulletiana, dont le nom rend hommage au botaniste Vincent Boullet décédé en 2024 et qui a très largement contribué à la connaissance de la flore et des habitats des territoires de l’océan Indien, a été découverte par le botaniste mahorais Abassi Dimassi, puis étudiée avec Marc Pignal et Timothée Le Péchon.

Le mont Choungi abrite plusieurs espèces endémiques spécifiques de ce site.
Le mont Choungi abrite plusieurs espèces endémiques spécifiques de ce site.

C'est sur le mont Choungui, qui culmine à 593 mètres au sud de Grande-Terre, que la plante a été découverte. Le mont constitue l'un des derniers refuges de biodiversité forestière de Mayotte. Seule une dizaine d'individus ont été observés à ce jour, et il s'agit de la seule station connue de cette espèce.

Comment reconnaître Dombeya boulletiana ?

Comme décrite par les botanistes qui l'ont étudiée, la plante représente un petit arbrisseau mesurant entre 70 et 150 centimètres. À la floraison, observée entre juin et août, des fleurs blanches légèrement rosées apparaissent. Elle appartient au genre Dombeya, de la famille des Malvacées, qui comprend aussi l’hibiscus.

Une espèce végétale sur deux est menacée à Mayotte selon Museum National d'Histoire Naturelle (MNHN).
Une espèce végétale sur deux est menacée à Mayotte selon Museum National d'Histoire Naturelle (MNHN).

La présence de la plante tient du climat particulier de l'île de Mayotte, composé de forêts humides sur les hauteurs et de forêts sèches près du littoral et de mangroves. Mais dévastée dès le 19e siècle par l'agriculture intensive et remodelée par les activités humaines, seuls 5 % des milieux naturels de Mayotte subsistent.

Une découverte qui pose la question de la conservation

Une espèce en si petit nombre reste particulièrement vulnérable à la disparition de son habitat. Le MNHN poursuit ses inventaires botaniques pour mieux connaître et préserver la flore mahoraise.

Mayotte est à l'origine une île volcanique. On suppose donc que toutes les plantes de Mayotte sont issues de la colonisation via l'Afrique ou Madagascar.

« Les explorations réalisées depuis 1996 ont permis la description de 50 nouveautés taxonomiques à Mayotte, réparties dans 32 familles différentes et près de 8 000 spécimens mahorais sont conservés dans les herbiers depuis le 19e siècle », explique le Museum.

Référence de l'article

Solweig Mary. (26/10/2026). MNHN.