Quand la nature reprend ses droits : que deviennent les stations de ski françaises après leur fermeture ?
Avec la neige de plus en plus rare ou tardive, les stations de ski peinent à remplir leurs objectifs. Plusieurs dizaines d'entre elles ont fermé en France ces dernières années, laissant derrière elles des remontées mécaniques à l'abandon. Certains s'interrogent sur la suite à donner à ces stations fantôme.

Plus de 186 stations de ski françaises ont déjà choisi de fermer, dont certaines iconiques comme la station de Céüze 2000, fondée dans les années 1930 et première station civile de ski à ouvrir dans les Hautes-Alpes. Les autorités locales ont lancé son démantèlement en novembre dernier.
Alors que le réchauffement climatique ne laisse d'autre choix aux maires des communes touchées par la neige manquante que de fermer leur station, les installations et les remontées mécaniques sont laissées à l'abandon, abîmées et rouillées par les intempéries, certaines finissant détruites et polluant les sols alentours.
Des terrains à l'abandon dégradés
En France, 113 remontées mécaniques, soit l'équivalent de près de 65 kilomètres de câbles, sont à l'abandon. Près de trois-quart de ces terrains sont dans des zone protégées. L’association Mountain Wilderness, spécialisée en démontage de remonte-pentes et de téléskis abandonnés, estime que plus de 3000 structures abandonnées à travers les montagnes françaises dégradent lentement des sols précieux.
️ Avec la fermeture de Chalmazel cet hiver, le #ski alpin, dans la Loire, cest quasi fini. Remontons le temps pour retrouver la trace de nos stations disparues.
— Le Progrès Loire (@Leprogresloire) December 24, 2025
️ https://t.co/oGBFF9x1G7 pic.twitter.com/Q1XDm99wBK
Il peut s'agir de déchets militaires, industriels ou forestiers tels que de vieux câbles, des morceaux de fils barbelés, des grillages ou de vieilles machines. Certains abris au départ ou à l'arrivée des téléskis contiennent encore des transformateurs, de l'amiante, des huiles et graisses pour moteurs qui se retrouvent lentement dans les sols.
Récupérer ce qui peut l'être
Il y a donc tout intérêt à engager le démantèlement des stations à l'abandon. C'est le cas de Céüze 2000, première station de cette envergure à être démantelée. Le plan de démantèlement ? Retirer 90 tonnes de ferraille : câbles, poulies de remonte-pentes et autres pylônes devenus obsolètes dans cette montagne de plus en plus verte.
La station du SuperDévoluy, à une cinquantaine de kilomètres, a pu récupérer une gare de départ de téléskis et du petit matériel de signalétique. « Tout ce qui était réutilisable a été pris par différentes stations du Queyras et du Dévoluy », explique Julie Mazet, responsable du tourisme de la communauté de communes.
Dans le même temps, la nature reprend ses droits. Les arbres se remettent à pousser, les baies si importantes pour les oiseaux réapparaissent. Les sangliers et les chevreuils pourront profiter d'hiver plus calmes. L’association Mountain Wilderness dénombre plus d’une centaine de micro-stations de ski à l’abandon en France, où pylônes et cabanons pourraient laisser une trace indélébile dans le paysage sauvage de la montagne.
Références de l'article :
Reporterre, Cette station des Alpes démonte ses remontées mécaniques, face au manque de neige et de recettes
The Guardian, ‘Ghost resorts’: as hundreds of ski slopes lie abandoned, will nature reclaim the Alps?