Ponts de mai : quelle est l'île idéale pour passer un grand week-end ?

Authenticité, calme, simplicité : trois mots qui résument bien l'ambiance de mai sur l'île de Procida, dans le golfe de Naples. Longtemps éclipsée par Ischia et Capri, ses voisines plus étendues et plus tape-à-l’œil, Procida est aujourd'hui la chouchou des locaux et des voyageurs en quête d'une destination accessible.

Vue sur la Marina Corricella, le port de pêche de Procida bordé de restaurants de poisson.
Vue sur la Marina Corricella, le port de pêche de Procida bordé de restaurants de poisson.

Les façades colorées de la Marina Corricella se reflètent dans une mer d'huile. Sur les quais, les pêcheurs s'activent autour de leurs filets. A cette période de l'année, l'île respire à son rythme, avant que les ferries de juin ne déversent leurs flots de touristes. La plus petite île du golfe de Naples (4 km² à peine, environ 10 400 habitants) continue de prendre son temps, ses rues tranquilles et ses baies retirées offrant une vision authentique de la vie insulaire. Le 8 mai, la fête de San Michele remplit les quais : procession, bénédiction des bateaux, messes et concerts improvisés.

La météo est idéale pour arpenter les reliefs sans subir la morsure du soleil : en mai, les températures oscillent entre 22 et 24 °C en journée, 15 et 17 °C la nuit. La mer, elle, tourne autour de 19-20 °C, permettant déjà de s'offrir une balade en kayak ou une séance de snorkeling le long des criques volcaniques.

Une île tranquille et abordable

Le vrai luxe, pourtant, se mesure ailleurs. Dans les ruelles de Corricella, on circule sans jouer des coudes. Dans les trattorias, on s’attable sans réservation. Et sur les terrasses qui dominent le port, les serveurs prennent le temps de raconter leur île. En juillet, tout cela se perd dans le bruit. Procida fait d’ailleurs partie de ces îles italiennes que les locaux préfèrent garder pour eux, à l’écart du tumulte de Capri.

Comparé à ses voisines, Procida mise sur l’authenticité et sur un budget qui tient encore debout. Pour trois nuits à deux, l’écart grimpe vite à 400 ou 500 euros sur l’hébergement seul par rapport à Capri. De quoi s'offrir plusieurs dîners de poisson frais face au port et, au passage, de rester dans la lignée de ces îles méditerranéennes encore abordables pour 2026.

Panoramas, kayak et randonnées

Le temps d'un week-end, les plages accidentées et les points de vue à couper le souffle font partie des incontournables. Depuis les hauteurs, la vision de Procida est un enchantement. Pour jouir de perspectives éblouissantes, commencez par longer les remparts du bourg médiéval de Terra Murata, puis accédez au belvédère Elsa Morante du Palazzo della Cultura, d’où le regard embrasse la baie de Naples, Capri, Ischia et la péninsule de Sorrente. Capitale italienne de la culture 2022, Procida garde de cette année-là une densité d’expositions discrètes et d’ateliers d’artistes qui surprennent encore.

Côté plages, trois noms à retenir. Chiaia, la plus proche du port, idéale pour une demi-journée paresseuse. Chiaiolella, au sud, avec son sable fin et ses paillotes discrètes. Et surtout Pozzo Vecchio, rebaptisée « la plage du Facteur » depuis le tournage du film de Massimo Troisi. Les sentiers côtiers du sud s’arpentent en deux heures de marche, une promenade que mai rend idéale avant les chaleurs de juin. Pour les sportifs, le tour de l’île en kayak prend trois à quatre heures et se loue autour de 25 €.

Citron de Procida et fruits de mer frais

Côté gastronomie, on recommande un festin de spaghetti alle vongole le soir sur la Marina Corricella. A goûter aussi le totani (calamar grillé), les alici (anchois marinés) et la pezzogna (dorade locale). Le limone pane (“citron pain”), citron de Procida à la peau épaisse et à la chair presque sucrée, agrémente presque tous les plats, à commencer par la fameuse lingua di bue, une pâtisserie à base de pâte feuilletée fourrée de crème au citron. On le retrouve en salade avec huile, sel et menthe, en gâteau moelleux et en limoncello maison dans toutes les trattorias. La Sagra del Limone, qui se tient traditionnellement à la mi-mai, en célèbre les mille usages.

Des hameaux perchés et un îlot sauvage

Au sud de l’île, le village de Chiaiolella, aux charmantes ruelles bordées de boutiques et de restaurants, offre des vues sur la plage, les rochers et les bateaux amarrés dans la marina. Punta Serra, sur la côte ouest, est un autre lieu prisé pour contempler la baie et un coucher de soleil grandiose. De même le phare de Punta di Pioppeto. Une expérience encore plus authentique vous attend si vous gravissez les marches de pierre partant de la Spiaggia della Lingua pour rejoindre le hameau perché viticole de La Vigna.

La passerelle pour accéder à l'Isola di Vivara.
La passerelle pour accéder à l'Isola di Vivara.

Enfin, empruntez la passerelle de 362 mètres de long ou prenez le bateau pour découvrir l’Isola di Vivara, un îlot de 32 hectares qui a presque toujours été inhabité. C’est pourquoi les plantes et les animaux endémiques comme le goéland d’Audouin y abondent. Des sentiers paradisiaques sillonnent la forêt, parsemée de ruines envahies par la végétation.

Transport et hébergement

Pour aller à Procida depuis Naples, il existe deux options principales : le ferry ou l'hydroglisseur. Les ferries pour Procida partent principalement du port de Molo Beverello ou Calata Porta di Massa. Le trajet dure environ 1 heure. Les hydroglisseurs partent également de Molo Beverello et le trajet est prend environ 35 minutes.
Pour se déplacer sur l'île, l'idéal est le scooter ou le vélo. Sinon, le système d’autopartage BiròShare, accessible via une application, met à disposition des voitures électriques 2 places.

Procida ne compte qu’environ 600 lits touristiques officiels, un chiffre dérisoire comparé à Capri ou Ischia. L’île a d’ailleurs peu d’hôtels classiques : on dort dans des B&B familiaux ou dans d’anciennes maisons de pêcheurs réaménagées avec goût. Trois zones se partagent les voyageurs. Corricella, pittoresque mais animée tard le soir. Chiaiolella, plus calme, à deux pas des meilleures plages. Terra Murata, pour les amateurs de vue et de silence, à condition d’accepter la grimpée quotidienne.

Les tarifs de mai restent raisonnables : comptez 70 à 90 € la nuit pour un B&B simple, 100 à 150 € pour une maison de charme, 180 à 250 € pour un boutique-hôtel.

Références

Procida en mai 2026 : l’île colorée près de Naples à visiter avant la foule estivale, Anna Duplantis, le 8 avril 2026

Guide de l'île de Procida en Italie, Lonely Planet