Les USA célèbrent le succès d’Artemis II, mais le gouvernement veut réduire le financement de la science de plus de 20%

Le gouvernement américain prévoit de réduire le financement de l’agence spatiale, ce qui réduirait presque de moitié son portefeuille de projets scientifiques et mettrait en péril les avancées de missions importantes.

Les membres de l’équipage d’Artemis II : Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, qui ont établi un record en devenant les humains ayant voyagé le plus loin de la Terre. Image : NASA.
Les membres de l’équipage d’Artemis II : Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, qui ont établi un record en devenant les humains ayant voyagé le plus loin de la Terre. Image : NASA.

Artemis II marque une étape majeure dans l’exploration spatiale en tant que mission ayant renvoyé des humains en orbite autour de la Lune plus de 50 ans après les dernières missions lunaires, établissant au passage un record de distance parcourue par des êtres humains depuis la Terre. Mais malgré le succès qu’elle représente pour la NASA, la recherche spatiale menée par l’agence est aujourd’hui menacée par de possibles réductions budgétaires.

La même Maison-Blanche qui ambitionne d’installer des bases permanentes sur la Lune d’ici 2032 a proposé de réduire de 23 % le financement de la NASA, ce qui ferait passer le budget de sa direction des missions scientifiques de 7,25 à 3,9 milliards de dollars.

Si cette mesure était adoptée, elle représenterait une baisse de 47 % des ressources consacrées à la science au sein de l’agence spatiale, ce qui constituerait, selon plusieurs organisations scientifiques, la plus forte réduction annuelle de financement scientifique de son histoire.

Nouveau projet de réduction des financements

il avait dû décider s’il fallait fermer ou non la NASA. Ce lundi, le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré aux astronautes de la mission Artemis II que, lors de son premier mandat,« Et je n’ai pas hésité une seule seconde. C’est formidable d’avoir quelqu’un comme Jared Isaacman (administrateur de l’agence), car cela me facilite beaucoup les choses. Je n’y ai même pas réfléchi », a-t-il affirmé.

La misión Dragonfly, un módulo que pretende llegar a la superficie de Titán, la luna de Saturn, podría estar en riesgo. Imagen: NASA.
La misión Dragonfly, un módulo que pretende llegar a la superficie de Titán, la luna de Saturn, podría estar en riesgo. Imagen: NASA.

Cependant, bien que son administration ait consacré davantage de ressources au programme de vols spatiaux habités, elle a aussi tenté de réduire régulièrement ses dépenses globales. En 2025, une baisse de 24 % du budget avait été proposée, mais elle a finalement été rejetée par le Congrès, qui a approuvé une enveloppe de 24,4 milliards de dollars pour cette année.

Cette nouvelle tentative de réduction des financements reprend certains de ces reculs, avec notamment une proposition visant à ramener le budget total à environ 18,8 milliards de dollars.

Selon The Planetary Society — fondée en 1980 par Bruce Murray, Carl Sagan et Louis Friedman — une réduction significative du budget pourrait retarder ou annuler des projets tels que le télescope spatial Nancy Grace Roman Space Telescope, dont le lancement est prévu à la fin de l’année, des missions planétaires comme Dragonfly, qui vise Titan, le plus grand satellite de Saturn, ou encore les programmes d’observation des objets proches de la Terre (NEO), destinés à détecter les astéroïdes.

Davantage de coupes dans la science, plus de budget pour la défense

Outre la NASA, le plan de réduction budgétaire du gouvernement américain concerne également d’autres agences fédérales qui financent ou mènent des recherches en santé, dans le domaine spatial et environnemental, comme la National Science Foundation (NSF) et l’Environmental Protection Agency (EPA).

Responsables scientifiques au centre de contrôle des missions de la NASA surveillant la mission Artemis II. Image : NASA.
Responsables scientifiques au centre de contrôle des missions de la NASA surveillant la mission Artemis II. Image : NASA.

Selon la revue Nature, si la proposition du gouvernement américain était adoptée, les budgets de ces deux agences seraient réduits de plus de 50 % en 2027 par rapport à leurs niveaux actuels, tandis que le financement des National Institutes of Health (NIH) diminuerait de 13 %.

La Maison-Blanche a indiqué qu’elle entendait maintenir le financement de la recherche en information quantique et en intelligence artificielle « afin de garantir que les États-Unis restent à la pointe » dans ces domaines. Néanmoins, elle propose également des réductions de 37 % et 32 % respectivement.

Le seul secteur bénéficiaire, pour l’instant, serait la Défense, qui recevrait 1,5 billion de dollars, soit 40 % de plus que cette année. Toutefois, la décision finale reviendra au Congrès, et pourrait être tranchée d’ici le mois d’octobre.

Références de l'article :

Declaración The Planetary Society: The Planetary Society urges Congress to reject historic cuts to NASA, again.

The Guardian: Trump tells Artemis II crew he saved Nasa despite trying to slash agency’s budget.

Nature News. Massive budget cuts for US science proposed again by Trump administration.

Gobierno de EE.UU. Presupuestos generales del año fiscal 2027.