Insolite : Mercure, la plus petite planète du Système solaire, continue de rétrécir

La plus petite planète du Système solaire aurait rétréci davantage que prévu au cours de son histoire. Des scientifiques estiment désormais que Mercure aurait perdu jusqu’à 23 kilomètres de diamètre depuis sa formation.

La planète Mercure aurait perdu environ 23 km de diamètre depuis sa formation selon une nouvelle étude
La planète Mercure aurait perdu environ 23 km de diamètre depuis sa formation selon une nouvelle étude

Déjà connue pour être la plus petite planète du Système solaire, Mercure a rétréci davantage que ce que les scientifiques ne l'estimaient jusqu’à présent. Une nouvelle étude du Centre aérospatial allemand estime que son diamètre aurait diminué d'environ 23 kilomètres depuis sa formation.

Mercure a davantage rétréci que prévu

Mercure est aujourd’hui la plus petite planète du Système solaire, un titre qu’elle n’occupe finalement que depuis 2006. Avant cette date, Pluton était en effet considérée comme la neuvième planète du Système solaire et était donc la plus petite avec un diamètre de 2 377 km. Sa rétrogradation au statut de planète naine a depuis laissé cette place à Mercure.

Mercure possède quant à elle un diamètre d’environ 4 880 kilomètres, ce qui la rend près de trois fois plus petite que la Terre. Mais comme les autres planètes telluriques, celle-ci continue d’évoluer depuis sa formation. En se refroidissant progressivement, ses couches internes se contractent, ce qui entraîne également un rétrécissement de l’ensemble du corps céleste.

Ce phénomène concerne également les quatre planètes rocheuses du Système solaire : Mercure, Vénus, la Terre et Mars. Toutes se refroidissent progressivement depuis leur formation, ce qui entraîne une contraction de leur intérieur. Cependant, l’importance de ce phénomène varie selon les planètes.

Sur Mercure, cette diminution de volume a notamment laissé des traces bien visibles à la surface. Le phénomène peut être comparé à une pomme qui se dessèche : en perdant progressivement de son volume, sa peau finit par se plisser. De la même manière, le refroidissement de Mercure a provoqué des déformations de sa surface, avec notamment la formation de nombreuses falaises et crêtes.

Mais l’ampleur de ce phénomène aurait jusqu’ici été sous-estimée. Les chercheurs du Centre aérospatial allemand estiment désormais que Mercure aurait perdu jusqu’à 23 kilomètres de diamètre depuis sa formation, soit entre 10 et 30 % de plus que les précédentes estimations.

Des traces effacées par les météorites

Pour parvenir à cette nouvelle valeur, les scientifiques ont étudié plus précisément les structures présentes à la surface de la planète la plus proche de notre étoile. Ceux-ci ont notamment constaté que les régions les plus « accidentées » comportaient moins de traces issues de la contraction progressive de la planète.

Cette particularité s’explique notamment par les très nombreux impacts météoritiques qui ont marqué Mercure dans son histoire. Dépourvue d’une véritable atmosphère, la planète ne peut en effet pas freiner ou désintégrer les objets qui la percutent, ce qui explique en partie l’importance de son bombardement météoritique. Les débris projetés lors de ces collisions ont recouvert certaines structures plus anciennes, masquant une partie des traces laissées par le rétrécissement de la planète.

Les chercheurs ont donc dû tenir compte de ces zones pour estimer plus précisément l’ampleur du phénomène. Ceux-ci ont ainsi pu déterminer dans quelle mesure certaines déformations avaient été effacées au fil du temps en comparant les structures tectoniques et la topographie de différentes régions de Mercure.

Ces nouvelles données ont conduit à revoir à la hausse les précédentes estimations, qui évaluaient le rétrécissement de Mercure à 16 kilomètres au maximum. La planète aurait finalement pu perdre jusqu’à 23 kilomètres de diamètre au cours de ses 4,5 milliards d’années d’existence selon les dernières estimations des scientifiques.

Il reste toutefois encore beaucoup à découvrir sur l’évolution de Mercure depuis sa formation. De nouvelles observations pourraient permettre de mieux mesurer les changements qu’a connu la planète, mais également d’améliorer notre compréhension de l’évolution des planètes telluriques dans différents systèmes stellaires. Les scientifiques pourront d’ailleurs compter sur la mission BepiColombo, menée par l’ESA et la JAXA, qui doit se placer en orbite autour de Mercure en novembre prochain.

Référence de l'article

Breizh-info. (2026). Sciences Astronomie. La planète Mercure a perdu jusqu’à 23 km de diamètre depuis sa formation.