Un immense data center Google contesté dans le Berry : quels risques pour l’environnement ?

Le projet de data center géant de Google fait monter la contestation. Prévu sur près de 195 hectares, il inquiète les opposants écologistes qui dénoncent le risque d'une empreinte environnementale colossale.

Le projet de data center géant est prévu sur des terres agricoles d’Etrechet dans l'Indre (image d'illustration).
Le projet de data center géant est prévu sur des terres agricoles d’Etrechet dans l'Indre (image d'illustration).

Des terres agricoles transformées en un immense data center Google ? C'est ce à quoi s'opposent les écologistes et les habitants du village d'Étrechet dans l'Indre où le projet doit voir le jour. Après une manifestation ce 17 octobre, les opposants se joindront à une concertation préalable sur le sujet dès le 2 novembre prochain.

Un data center géant qui divise le Berry

Environ 195 hectares, soit environ 273 terrains de football, répartis sur six à huit bâtiments : c'est ainsi qu'a été présenté le projet de Google à Étrechet, près de Châteauroux. Si le projet voit le jour, il sera construit progressivement, sur une période de dix à vingt ans et pourrait devenir le premier méga centre de données détenu directement par Google en France.

Mais pourquoi construire un tel data center en France ? Pour soutenir l'essor de l'intelligence artificielle. Les data center nécessitent d'énormes capacités informatiques qui mobilisent de l’énergie et génèrent de la chaleur.

Électricité, eau, terres agricoles : les inquiétudes environnementales

Le méga data center doit être construit au beau milieu de terres agricoles, ce qui fait craindre leur disparition et l'artificialisation des sols. L'inquiétude se porte également sur la consommation d'eau puisée et déversée dans les nappes phréatiques.

Google et ses représentants assurent qu'il n'y aura environ que 1000 mètres cubes par bâtiment, injectés une seule fois, dans un circuit fermé, pour refroidir l'installation grâce à un refroidissement dit "à air". Il n'y aura ni rejet ni prélèvement dans la nappe phréatique, promet également Sarah Raimond, responsable du projet d'Ozans pour Google.

Le géant américain appuie davantage son implantation en vantant son impact sur le marché de l'emploi. On annonce entre 1800 et 2600 emplois pérennes sous forme d'emplois directs, indirects et induits (tous ces emplois ne dépendent pas directement de Google, il peut y avoir des prestataires).

À pleine capacité, la puissance électrique annoncée pourrait atteindre 1,2 gigawatt. Pour alimenter le site, des travaux de raccordement au réseau sont également prévus.
À pleine capacité, la puissance électrique annoncée pourrait atteindre 1,2 gigawatt. Pour alimenter le site, des travaux de raccordement au réseau sont également prévus.

L'entreprise estime enfin que les travaux créeront, eux, entre 10 600 et 14 000 emplois. Ces chiffres doivent cependant restés des projections et non des emplois déjà garantis.

    Les élus favorables au projet s'en servent pourtant pour mettre en avant les retombées économiques, les recettes fiscales et les emplois potentiels pour le département. « Ce n’est pas une contrainte, c’est une chance », affirmait le président de Châteauroux Métropole, Gil Avérous, au quotidien Le Berry Républicain.

    Références de l'article

    Victor Riallais. (16/10/2026). Le Monde.
    Manon Klein. (12/10/2026). Ici.