Sécheresse en France : des niveaux de nappes préoccupants sur la majorité du pays
Après un été historique et un mois de septembre exceptionnellement sec, la sécheresse reste très marquée en France en ce début octobre 2026. Les nappes phréatiques affichent des niveaux préoccupants, alors que le retour durable des pluies se fait toujours attendre.

Après un été et un début d'automne exceptionnellement sec, la sécheresse reste marquée sur la majorité de la France en ce début octobre 2026, notamment en profondeur où les nappes phréatiques retrouvent des niveaux particulièrement bas pour la période.
Un temps très sec depuis le printemps
Si l'hiver 2025-2026 fut bien humide avec un excédent de précipitations de 35% à l'échelle de la France et même le mois de février le plus humide depuis 1959, la situation s'est complètement inversée à partir du printemps avec l'installation récurrente et surtout durable de haute pressions sur notre pays.
Le printemps 2026 fut ainsi particulièrement sec en France, avec un déficit de précipitations de 30 %. Cette situation a notamment été accentuée par un mois d'avril exceptionnellement calme, marqué par un déficit pluviométrique de 70 % à l'échelle du pays, soit le quatrième mois d'avril le plus sec depuis 1959.
À ce manque de pluie s’est ajoutée une chaleur exceptionnelle, qui a considérablement accéléré l’assèchement des sols. L'anomalie de températures moyennes a atteint +3,6 °C durant cet été 2026 en France par rapport aux normales 1991-2020, soit l'été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900. La combinaison de ces températures extrêmes et du déficit pluviométrique a entraîné une sécheresse des sols historique, généralisée à l’ensemble du territoire dès le mois de juin.

Le mois de septembre a enfin prolongé cette séquence exceptionnellement chaude et sèche. Avec une température moyenne supérieure de 3,1 °C aux normales, celui-ci se classe au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds depuis 1900, juste derrière septembre 2023.Il s’agit également du troisième mois de septembre le plus sec jamais observé, avec un déficit de précipitations proche de 70 %. La sécheresse des sols est ainsi restée à des niveaux inédits tout au long du mois.
Des nappes phréatiques à des niveaux préoccupants
Malgré l’arrivée de l’automne, la sécheresse continue de provoquer d’importantes tensions sur les ressources en eau en France. Fin septembre, 94 000 personnes étaient ainsi privées d’eau du robinet en métropole, soit 30 000 de plus qu’au début du mois d'après le ministère de la Transition écologique.
La situation reste également très tendue sur le front des restrictions d’usage, avec 79 départements placés en situation de «crise» et 14 en «alerte renforcée» selon le service VigiEau au début du mois d’octobre. Mais au-delà de ces difficultés d’approvisionnement, c’est également l’état des réserves en eau souterraines qui suscite des inquiétudes, après plusieurs mois anormalement secs et chauds.
" Une situation très dégradée " Ce sont les mots de BRGM (responsable des nappes en France) dans leur bulletin du 1er octobre 2026, avec 81% des niveaux en baisse. Par conséquent avec un déficit depuis le printemps : 66% en dessous, 16% stables et 18% au-dessus. Pire que 2025. https://t.co/L6ht4JK5xl
— Thomy (@Th0my_500) October 8, 2026
Selon le dernier bilan du BRGM publié le 1er octobre, 66% des points d’observation des nappes phréatiques affichaient des niveaux inférieurs aux normales de saison. Plus préoccupant encore, leur vidange se poursuit sur la majorité du pays alors que le début de l'automne marque habituellement celui de leur recharge. Les niveaux continuent ainsi de baisser dans les nappes inertielles, tandis que les nappes réactives sont également en baisse dans leur quasi-totalité.
À l’échelle du pays, la situation reste dégradée sur la majorité du territoire, malgré une amélioration dans le Sud-Est grâce aux pluies tombées depuis la fin du mois de septembre. Les niveaux restent en revanche particulièrement bas dans plusieurs régions, notamment dans le Limousin, le Morvan et le Jura, mais aussi en Lorraine et dans la plaine nord de l’Alsace, où les réserves en eau souterraines demeurent très préoccupantes.
Le retour de précipitations plus abondantes et régulières sera désormais essentiel pour espérer enrayer cette évolution défavorable. Toutefois, les perspectives ne sont pour le moment guère encourageantes, avec des conditions anticycloniques s'installant de nouveau la semaine prochaine, synonymes d'un temps majoritairement sec sur notre pays. En l'absence de pluies suffisantes, la sécheresse devrait donc continuer de s'aggraver, alors même que l'automne représente une période déterminante pour la reconstitution des réserves en eau.
Référence de l'article
20 minutes & AFP. (2026). Sécheresse : Une situation « très préoccupante », 66 % des nappes phréatiques sont sous la normale.