Réchauffement climatique en France : de nouvelles prévisions inédites et alarmantes dans les territoires d'outre-mer !
Souvent délaissés dans les projections climatiques à l'horizon 2100, les territoires d'outre-mer français viennent enfin d'être intégrés aux nouvelles simulations réalisées grâce au travail de Météo-France. Les prévisions sont-elles plus alarmistes que pour la métropole ?

C'est à un exercice inédit auquel se sont livrés les services de Météo-France : mettre à jour, selon les niveaux de réchauffement de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC) prévue par le gouvernement, les projections climatiques pour les territoires d'outre-mer. Et ces projections sont particulièrement inquiétantes…
Un réchauffement estimé entre +2,3°C et +3,5°C
Ces territoires d'outre-mer ont longtemps été délaissés dans les récents exercices de simulation : c'est désormais une histoire oubliée. Alors que la TRACC prépare la France métropolitaine a un réchauffement de +4°C à l'horizon 2100 par rapport à l'ère préindustrielle, les travaux de Météo-France estiment le réchauffement entre +2,3°C et +3,5°C pour l'outre-mer.
Réchauffement climatique : 2025 a été l'une des années les plus chaudes enregistrées depuis 1900
— La1ère.fr (@la1ere) January 2, 2026
️ On note 338 jours de dépassement de la moyenne en Martinique, 350 à Mayotte ou encore 333 en Guyane.
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Autrement dit, ces territoires ne seront pas épargnés par le changement climatique : même s'il est moins intense qu'en métropole, les températures initiales y sont bien plus élevées, les conséquences seront donc certainement encore bien plus importantes pour la population.
Ces projections climatiques à haute résolution, réalisées en 18 mois après des mois de calculs des supercalculateurs de Météo-France, adaptées à leur échelle, seront des indicateurs parfaits pour nourrir les politiques d'adaptation de ces territoires au réchauffement climatique. C'est en Polynésie française que le réchauffement sera le plus limité, avec +2,3°C, et en Guyane qu'il sera le plus marqué, avec +3,5°C.
Depuis 2012, le portail DRIAS présente les projections régionalisées du climat en France (drias-climat.fr), avec des indicateurs tels que le nombre de jours chauds, l'évolution des précipitations, etc. Dans le cadre de ce chantier lancé en 2024, ces indicateurs étaient déjà disponibles pour La Réunion, Mayotte, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie. Ils viennent d'être publiés lundi 2 mars pour les Antilles, et le seront fin mars pour les îles les plus peuplées de Polynésie française.
Alerte sur la chaleur nocturne et diurne
Même avec un réchauffement moindre dans les outre-mer par rapport à la métropole, la situation n'est pas pour autant plus favorable : d'ailleurs, selon Sophie Martinoni-Lapierre, directrice de la climatologie et des services climatiques à Météo-France, les premiers résultats "doivent nous alerter", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Climat : les Outre-mer dotés de projections inédites pour anticiper le réchauffement
— La1ère.fr (@la1ere) March 3, 2026
️ 200 jours par an dépassant 32°C à Mayotte à l'horizon 2100, 85 à 90 journées très chaudes en Guadeloupe...
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Ainsi, à Mayotte, le nombre de jours avec des températures maximales dépassant les 32°C pourrait passer de 30 actuellement à environ 200 à l'horizon 2100, avec un réchauffement climatique de +3°C. En Guyane, avec un réchauffement de +3,5°C, le nombre de nuits chaudes, où la température ne descend pas sous les 24°C, pourrait passer de moins de 10 par an à environ 230 !
Alors que seules les communes littorales sont aujourd'hui concernées par la chaleur nocturne, quasiment toutes les régions de Guyane seront concernées à la fin du siècle, créant de nouveaux enjeux de santé publique pour les populations fragiles.
Enfin, en Guadeloupe, le nombre de journées très chaudes (à 33°C ou plus), pourrait passer de 3 à 5 par an actuellement, à 85 ou 90 par an d'ici 2100. Pour les Antilles françaises, les niveaux de réchauffement par rapport à la période préindustrielle devraient atteindre +1,4°C à l'horizon 2030, +1,9°C en 2050 et +2,7°C en 2100.