Par quoi ces 2 frères du nord de la France ont-ils décidé de remplacer la plastique ?
Pas de produits chimiques, ni de plastique mais une matière durable, écologique et même esthétique !

Dans un contexte de lutte contre la pollution plastique, certaines innovations naissent là où on ne les attend pas. Sur la Côte d’Opale, deux frères ont fait un pari surprenant : remplacer des matériaux issus du pétrole par un coquillage et pas n'importe lequel… la très noble coquille Saint-Jacques !
Chaque année, des quantités considérables de coquilles issues de la consommation de fruits de mer sont jetées. En France, ces déchets représentent des centaines de milliers de tonnes, souvent enfouies faute de valorisation. C’est en observant ces amas de coquilles dans les zones portuaires que l’idée est née. L’un des fondateurs de Guscio, issu du milieu maritime, refuse de considérer ces restes comme de simples déchets.
Des déchets marins transformés en ressource
Clément et Martin Delattre ont vu du potentiel dans ces rebuts. Pour eux, la coquille est une matière première esthétique et exploitable, notamment grâce à ses reflets nacrés. Résultat : la création de Guscio, une jeune entreprise basée dans les Hauts-de-France, spécialisée dans la revalorisation des coquilles Saint-Jacques en matériau durable.
Le principe est simple mais ingénieux : les coquilles sont récupérées puis nettoyées. Ensuite, elles sont réduites en poudre ou en fragments, avant d'être intégrées dans une matrice (un lien minéral) pour créer une matière solide.
Terrazzo finishes
— Tope Dada (@TopeDada17) April 3, 2026
Why dont we use this ancient flooring art anymore? pic.twitter.com/FL2clkuw8x
Ils auraient en effet pu choisir de la résine époxy ou encore une matière plastique en tant que liant. Mais les 2 frères souhaitaient vraiment créer un concept totalement écologique, sans produit chimique, ni plastique.
Après un séchage d'environ 2 à 3 semaines, et un léger travail de ponçage, le produit final est prêt. Ce matériau est rigide, étanche et personnalisable, et l’aspect rappelle le terrazzo avec des éclats naturels visibles. Ils le surnomment d'ailleurs le "marbre des mers" !
Contrairement à de nombreux matériaux composites classiques, souvent dérivés du pétrole, cette approche s’inscrit dans une logique plus vertueuse :
réutiliser un déchet local pour limiter l’usage de plastique et l’extraction de ressources naturelles.
Innovant et surtout sans plastique !
L’ambition de Guscio ne se limite pas à des objets décoratifs. Car les frères Delattre ont d'abord commencé par proposer des petits objets : vases, dessous de plat ou encre dessous de verre. Avant de voir plus grand. L’entreprise développe déjà des applications plus larges, notamment : plans de travail de cuisine, plateaux de mobilier, éléments d’aménagement intérieur.
Ces surfaces présentent un double intérêt : une forte résistance, comparable à certains matériaux minéraux et une esthétique unique, directement inspirée du milieu marin.
Le matériau peut également être décliné avec d’autres coquillages, comme les huîtres ou les moules, élargissant les possibilités créatives. Au-delà de l’innovation technique, le projet s’inscrit dans une démarche territoriale forte. Installée dans le Pas-de-Calais, l’entreprise valorise une ressource issue du littoral local, en circuit court.
Ce modèle présente plusieurs avantages environnementaux : réduction et valorisation des déchets coquilliers, limitation du transport de matières premières et enfin création de valeur à partir d’un sous-produit de la pêche. Autrement dit, ce matériau incarne pleinement les principes de l’économie circulaire : transformer un déchet en ressource utile et durable.