La loi d’urgence agricole est loin de faire l’unanimité chez les défenseurs de l’environnement

Le Sénat a définitivement adopté, le 21 juillet, la loi d’urgence agricole. Si certains expliquent que c’est en faveur de la science, d’autres s'inquiètent des conséquences environnementales et sanitaires.

Deux pesticides réintroduits
Deux pesticides réintroduits

Agriculture et pesticides. La loi d’urgence agricole a été adoptée par le Sénat, le 21 juillet dernier. L’objectif : réintroduire deux pesticides néonicotinoïdes, jusqu’alors interdits, l’acétamipride et le flupyradifurone. Une loi d’urgence pour laquelle les partis de droite ont largement voté pour, tandis que les partis de gauche ont majoritairement voté contre. Ce vote est en réponse à la censure par le Conseil constitutionnel du texte de la loi Duplomb de juillet 2025.

L’acétamipride et le flupyradifurone de retour

Pour ceux qui ont voté en faveur de cette loi, l’argument avancé est la science. Un argument non recevable pour les politiques ayant voté contre, d’autant plus que cette loi est votée en pleine canicule, alors que la France est en proie à un vrai problème climatique, qui va s’aggraver avec les années. Soutenus par les ONG, ils s’inquiètent des choix du gouvernement, qui risquent de mettre à mal l’agriculture, mais pas que.

Les écologistes et les ONG se disent défavorables

Christophe Cassou, climatologue, alerte contre cette loi. Pour lui, la France n’est pas du tout préparée au fait que l’eau devient de plus en plus rare et il déplore que les députés prennent le risque de provoquer une situation qui pourrait s’avérer irréversible. Le scientifique est soutenu dans ses propos par d’anciens ministres de l’agriculture, à l’image de Stéphane Le Foll et de Marc Fesneau, qui n’hésitent pas à prendre la défense des agriculteurs.

« Nous n’avons pas besoin de solutions simplistes et court-termistes qui se retourneront contre les agriculteurs »

Certains agriculteurs, justement, appellent à une accélération du processus. Franck Sander est agriculteur et président de la Confédération générale des betteraviers. Il souhaite que l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) se prononce rapidement.

« C'est l'avenir de la filière qui se joue ! Je ne peux pas me permettre de jouer, au vu de l'enjeu qu'il y a autour de ce produit-là; pour protéger nos cultures. Surtout que ce sont les doses qui sont extrêmement faibles, donc il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas avoir une réponse »
Des règles plus souples pour l'élevage
Des règles plus souples pour l'élevage

Mais il semblerait que les pesticides ne soient pas la seule préoccupation des ONG. En effet, le texte prévoit plusieurs dispositions qui sont loin de faire l’unanimité. D’abord, concernant la gestion de l’eau. Le texte envisage le doublement du stockage lié aux usages dans l’agriculture d’ici 2035. Mais pour le Haut conseil pour le climat (HCC), c’est une mauvaise idée car cela

« réduirait les capacités du secteur agricole à s’inscrire dans une trajectoire d’adaptation efficace, en le verrouillant dans une forte dépendance à l’eau, et l’exposerait à des pénuries d’eau lors de sécheresses pluriannuelles »

De plus, cette loi non seulement affaiblit la protection des zones humides, mais permet également leur destruction, puisque l’on pourra désormais remplacer cet espace par une énorme bassine. Le problème, c’est que ces zones humides sont absolument indispensables pour l’écosystème, mais aussi pour l’adaptation face au réchauffement climatique.

L'agriculture en danger ?
L'agriculture en danger ?

Enfin, les détracteurs de la loi soulignent le problème lié à l’assouplissement des règles directement liées aux élevages intensifs, qu’il s’agisse de leur création et/ou de leur extension.

Référence de l'article

Awenig Marié. (2026). Scandale sanitaire : l’acétamipride réintroduite à l’Assemblée nationale.