Les zones rurales ressentent déjà la chaleur de l'urbanisation

L'impact du remplacement de la végétation par de l'asphalte s'étend bien au-delà des limites de la ville, selon une nouvelle étude. Explications dans cet article.

Plus de la moitié de la population mondiale vit désormais dans des zones urbanisées. On estime qu'en 2050 ce nombre passera aux deux tiers.
Plus de la moitié de la population mondiale vit désormais dans des zones urbanisées. On estime qu'en 2050 ce nombre passera aux deux tiers.

Une plus grande utilisation de goudron équivaut à plus de chaleur. Nous avons tous entendu parler de l'effet d'un "îlot de chaleur" urbain - dans lequel le remplacement de la végétation par un sol imperméable conduit à un réchauffement localisé plus important - mais quel est l'impact des îlots de chaleur urbains sur les zones rurales qui les entourent ? Une nouvelle étude publiée dans la revue "Environmental Research Letters" montre que l'impact de l'urbanisation sur le réchauffement s'étend bien au-delà des limites de la ville.

En Grande-Bretagne, 5,8 % de la superficie du territoire est aujourd'hui recouverte de surfaces artificielles contre 4,3 % en 1975. C'est l'un des pays les plus urbanisés du monde, avec une urbanisation supérieure à 83 %.

Les données et conclusions de l'étude

En utilisant des mesures de la température de l'air et de la vitesse du vent, les chercheurs ont créé un modèle statistique pour calculer l'impact du réchauffement des villes de Grande-Bretagne sur les zones adjacentes et analysé comment ce processus a évolué au fil du temps.

De cette manière, les auteurs de l'étude ont démontré que les zones urbaines britanniques sont responsables d'environ 0,04°C du réchauffement que le pays a connu jusqu'à présent. Selon eux, les 40 dernières années d'urbanisation ont provoqué une augmentation du taux de chauffage d'environ 3 %.

Les régions avec le processus d'urbanisation le plus rapide du Royaume-Uni souffrent de températures plus élevées, avec des taux de chauffage jusqu'à trois fois plus élevés, dans le sud-est par exemple.

Le processus d'urbanisation peut être bénéfique en termes d'évolution de la société et de rationalisation des diverses activités quotidiennes. Cependant, les effets négatifs peuvent durer et nuire aux générations futures si des mesures d'atténuation ne sont pas imposées.

Mais la bonne nouvelle au sujet de l'effet de l'îlot de chaleur urbain : c'est sa possible diminution en utilisant diverses astuces au niveau urbain, comme peindre les toits en blanc afin de refléter plus d'énergie solaire ou bien comme la plantation avec davantage de végétation d'un point de vue plus naturel. En plus des méthodes mentionnées, il existe d'autres stratégies, telles que le "City Tree". Il s'agit d'un équipement qui équivaut à 275 arbres, servant de panneau publicitaire et intégrant le wifi.

De cette manière et occupant moins d'espace, il peut être mis en œuvre au centre des grandes villes, comme cela s'est déjà produit à Oslo, Paris, Bruxelles et Hong Kong. Le fait qu'il soit polyvalent est encore plus bénéfique pour ceux qui peuvent profiter de sa présence.