Les zones à faibles émissions ont un réel impact sur les émissions en France

Très critiquées en France, les ZFE sont pourtant loin d’être sans effet. Une étude de l’Insee montre qu’elles ont contribué à accélérer le renouvellement du parc automobile et la baisse des émissions polluantes.

Les zones à faibles émissions ont un impact sur les émissions du secteur automobile selon une étude de l'Insee
Les zones à faibles émissions ont un impact sur les émissions du secteur automobile selon une étude de l'Insee

Une analyse récente de l'Insee a révélé que les zones à faibles émissions (ZFE) avaient eu un impact significatif sur les ventes de voitures moins polluantes dans les grandes agglomérations, ce qui a contribué à accélérer la baisse des émissions automobiles ces dix dernières années.

Des ZFE critiquées mais finalement efficaces ?

Les Zones à faibles émissions (ZFE) sont nées de la volonté de réduire la pollution de l’air dans les grandes agglomérations en limitant progressivement la circulation des véhicules les plus polluants. L’idée est apparue en France au début des années 2010 avec les « ZAPA » (Zones d'Actions Prioritaires pour l'Air), avant qu’une première zone soit mise en place à Paris en 2015. Le système est ensuite facilité par la création de la vignette Crit’Air en 2016, qui permet de classer les véhicules selon leurs émissions.

La loi d’orientation des mobilités de 2019 officialise les ZFE, puis la loi Climat et Résilience de 2021 accélère fortement leur déploiement en prévoyant leur généralisation dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.

Le dispositif s’étend alors progressivement à de nombreuses métropoles, avec des restrictions renforcées au fil des années, notamment pour les véhicules Crit’Air 5, 4 puis 3. Au 1er janvier 2025, 25 ZFE étaient ainsi actives en France métropolitaine.

Très critiquées ces dernières années, les ZFE sont régulièrement accusées d’être contraignantes pour les automobilistes sans pour autant avoir un réel impact sur la pollution. Une récente étude de l’Insee nuance toutefois ce constat : si l’effet du dispositif reste modeste face au renouvellement naturel du parc automobile, les ZFE ont bien contribué à accélérer le verdissement des véhicules et à réduire certaines émissions polluantes.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'Insee ont étudié neuf grandes agglomération françaises pionnières dans la mise en place des ZFE en comparant les données enregistrées durant les trois années précédant la mise en place de ces zones de restrictions aux deux années suivantes. L'agglomération parisienne a cependant été exclue de cette comparaison, jugée trop différente des villes sans ZFE utilisées comme référence.

Un réel impact sur la pollution

L'étude a finalement montré que, sur cette période de cinq ans, la part des véhicules Crit'Air 0 et 1 a progressé de 88,4 % dans les agglomérations disposant d'une ZFE, contre 82,6 % dans les autres villes

Plus largement, entre 2015 et 2025, la progression de ce type de véhicule est passée de 8,7% à 42% dans les ZFE régionales et de 9,8% à 48,6% dans le Grand Paris. Ailleurs, dans les secteurs non concernés par les zones à faibles émissions, l'augmentation des véhicules moins polluants fut moins importante, passant de 6,4% à 31,7%.

Ainsi, si la majorité du recul des émissions polluantes du secteur automobile français est à attribuer au renouvellement naturel du parc automobile, les ZFE semblent avoir accentué cette évolution positive. Les Français ont en effet davantage tendance à acheter des véhicules peu polluants dans les communes concernées par les ZFE, ce qui contribue à réduire les émissions liées au trafic automobile.

Cette évolution semble également se traduire dans les niveaux de pollution liés au trafic automobile. Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) ont ainsi davantage diminué dans les territoires soumis à une ZFE que dans les autres. En 2024, elles affichaient un recul de 48,3 % par rapport à 2014 dans les agglomérations régionales concernées, contre 39,5 % dans les zones qui ne disposent pas de ce dispositif.

Si les zones à faibles émissions ne constituent donc pas à elles seules la principale explication de l’amélioration de la qualité de l’air en France, leur mise en place semble bien avoir accentué une tendance de fond. Reste désormais à savoir si le renforcement ou l’extension de ces zones permettrait de poursuivre cette amélioration dans les prochaines années.

Référence de l'article

20 minutes & AFP. (2026). Les ZFE ont un impact limité sur la pollution, mais significatif sur les ventes de voitures.