En France, la canicule fait aussi des ravages chez les agriculteurs
Les différents épisodes de chaleur en France n'ont fait que des victimes humaines. Les agriculteurs et les éleveurs s’inquiètent pour leurs récoltes et pour leurs animaux. Il est désormais nécessaire de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Agriculture et canicule. La combinaison des deux est loin d’être idéale. Si la chaleur nous agresse pendant cette période, elle attaque également directement nos produits. Les agriculteurs et les éleveurs tirent la sonnette d’alarme et cherchent des solutions adaptées à ces températures extrêmes, dont les fruits et légumes, mais aussi la volaille, sont les victimes.
La volaille, particulièrement touchée par la canicule
Entre les inondations du printemps et les nombreux épisodes de chaleur de l’été, les agriculteurs et les éleveurs sont particulièrement fragilisés. Le problème, c’est que ces périodes de fortes chaleur s’étendent de plus en plus dans le temps. Si on pouvait observer, les années précédentes, des pics de chaleur importants de deux ou trois jours, aujourd’hui, ces vagues se montrent beaucoup plus longues.
Agriculteurs, éleveurs et vignerons s’inquiètent fortement de ces canicules
Autre nouveauté, c’est toute la France qui est impactée. Auparavant, certaines régions semblaient être plus à risque, mais maintenant, c’est tout l’Hexagone qui peut être sujet à ces canicules. Et face à ce nouveau problème climatique, les agriculteurs et les éleveurs ne sont pas forcément préparés et peuvent avoir des difficultés à anticiper. Depuis le mois de mai, ce sont entre 2,5 et 3 millions de volailles que la chaleur a tué, d’après Anvol.
L’interprofession des filières de la volaille de chair rappelle néanmoins qu’en 2003, la canicule en avait décimé 4 à 5 millions. La filière bovine semble s’en sortir légèrement mieux, mais n’est pas épargnée pour autant. Pour l’instant, les conséquences restent floues et il faudra attendre pour comprendre les résultats. Mais on peut s’attendre à des conséquences bien réelles, notamment au niveau de la reproduction.

David Renaudeau est directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l'alimentation et l’environnement (Inrae). Il évoque déjà les résultats observés lors de la canicule de l’année 2003.
Le scientifique parle également des protocoles mis en place dans l’urgence par les professionnels de ces secteurs, afin de lutter contre la surmortalité des bêtes. L’installation de systèmes pour rendre les bâtiments plus frais ou, tout simplement, changer l’alimentation des animaux, par exemple. Les professionnels sont bien conscients de l’enjeu et de l’importance de s’adapter.

Fruits, légumes, céréales... Tout a été impacté. François Walraet, de la Coordination rurale, se rend bien compte de l’enjeu climatique.
Référence de l'article
Solène CLAUSSE. (2026). Élevages décimés, récoltes réduites : l'agriculture forcée de s'adapter aux canicules ?.