Guerre au Moyen-Orient : le conflit fragilise-t-il la dépendance de l'agriculture française aux engrais chimiques ?

Un peu plus d'une semaine après le début du conflit au Moyen-Orient, l'agriculture française, dépendante de fertilisants largement importés, voit déjà son modèle impacté par la hausse des prix des engrais chimiques. Un nouveau coup dur pour la filière ?

L'augmentation du prix des engrais chimiques vient à nouveau fragiliser le monde agricole français.
L'augmentation du prix des engrais chimiques vient à nouveau fragiliser le monde agricole français.

Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par les États-Unis et Israël a provoqué des conséquences en cascade, jusque sur le prix des engrais azotés, massivement importés en France, qui a grimpé en à peine quelques jours. « Les prix ont pris 15 % entre samedi [28 février] et le début de semaine », a constaté Olivier Hardouin, président de la FDSEA du Loir-et-Cher, auprès de Reporterre.

En cause ? La flambée du prix de l'urée, un fertilisant azoté très utilisé en France, dont la tonne est passée de 505 à 580 euros, à quoi il faut ajouter l'augmentation des prix du gaz, des problèmes logistiques et les menaces qui planent sur la production d’engrais, le tout dans un contexte de demande mondiale forte. Face à une première hausse des engrais azotés de synthèse en début d'année, les agriculteurs s'inquiètent de « ne plus s’en sortir ».

Le manque de résilience du modèle agricole français exposé

Selon un rapport du gouvernement français de 2024 intitulé « Évaluation de la souveraineté agricole et alimentaire de la France », le pays importait plus de 80 % de ses engrais en 2022. On y apprend qu'une « large part provient de pays en dehors de l’Union européenne, créant une double dépendance : aux pays tiers et aux énergies fossiles. »

Au-delà d'une dépendance aux engrais chimique, les agriculteurs sont aussi impactés par l'augmentation des prix du pétrole. Selon les chiffres, le 27 février, les 1000 litres étaient à 1 203 euros, contre 1 666 euros aujourd'hui, soit 463 euros de plus. Et les agriculteurs n'ont d'autres choix que de payer.

L'incertitude pour les cultures

Les producteurs s'inquiètent de denrées qui pourraient venir à manquer et les pertes s'accentuer dans les champs de blé. Les conséquences pourraient être directes pour les consommateurs : moins de céréales, moins de blé, c'est aussi le risque de voir le prix des pâtes ou des farines, par exemple, augmenter si les tensions perdurent.

Références de l'article :

Reporterre, Accro aux engrais chimiques, l’agriculture française chamboulée par la guerre au Moyen-Orient

France Info, Guerre au Moyen-Orient : carburant, engrais… les agriculteurs français face à des coûts qui explosent

Rapport gouvernemental, EVALUATION DE LA SOUVERAINETE AGRICOLE ET ALIMENTAIRE DE LA FRANCE