Bientôt une station spatiale 100% européenne ?

L'Agence spatiale européenne réfléchit actuellement à la mise en place d'une station orbitale entièrement européenne pour remplacer l'ISS.
La fin programmée de l'ISS
Avec ses 74 mètres de longueur et 109 mètres d'envergure, la Station spatiale internationale (ISS) est le plus grand objet jamais construit dans l'espace. Cette station est placée en orbite entre 330 et 420 kilomètres d'altitude et est occupée en permanence depuis 2000 par un équipage international qui se consacre à la recherche en microgravité ainsi que dans l'environnement spatial.
️ Il y a 25 ans aujourdhui, le 2 novembre 2000, la première équipe permanente arrivait à bord de lISS.
— Xplora (@XploraSpace) November 2, 2025
Depuis ce jour-là, la station na plus jamais été vide : une occupation humaine ininterrompue en orbite, 400 km au-dessus de la Terre.
LISS sera désorbitée en 2030. pic.twitter.com/fdiH08Ik10
Ce programme est un projet commun de l'agence spatiale américaine (NASA) et de l'agence spatiale russe (Roscosmos) avec également une participation importante des agences spatiales européenne (ESA), japonaise (JAXA) et canadienne (ASC).
En vue de cette fin annoncée, l'heure est aujourd'hui à la recherche de solutions de remplacement de l'ISS. La NASA a d'ailleurs déjà choisi de passer le relais au privé via les Commercial LEO Destinations, un programme de l'agence spatiale américaine, la NASA, visant à soutenir la création de stations spatiales privées en orbite terrestre basse. Du côté de l'Europe, l'hésitation reste de mise concernant la marche à suivre.
Une future station 100% européenne ?
Jusqu'à aujourd'hui, l'après-ISS consistait en trois options principales pour l'Europe. Louer des services auprès des futures stations privées américaines, participer de façon limitée à des projets ou encore créer une station européenne souveraine capable d'accueillir d'autres agences spatiales mais également des partenaires commerciaux.
Le 27 février dernier, l'ESA a publié une intention d'appel d'offres pour deux études de « Pré-Phase A » dans le but d'évaluer la faisabilité d'une station spatiale sous bannière européenne. Les études en question auront plusieurs objectifs importants : définir l'architecture technique, les besoins technologiques et surtout le modèle économique de cette potentielle future station spatiale.
C'est donc bien la troisième option, celle d'une station spatiale à 100% européenne qui semble aujourd'hui privilégiée, une décision qui montre que l'Europe veut aujourd'hui être la maîtresse d’œuvre d'un complexe orbital à grande échelle et pas simplement de modèles complémentaires comme cela avait été le cas avec Colombus pour l'ISS.
Ce choix intervient dans un désir d'autonomie de la part de l'Europe. En effet, le contexte géopolitique actuel n'assure pas une entente durable entre les différents partenaires mondiaux. En choisissant de construire sa propre station spatiale, l'Europe ne veut ainsi plus prendre le risque de dépendre exclusivement de capacités de transport et d'hébergement américaines.
Il conviendra néanmoins d'attendre les résultats des études de « Pré-Phase A », vraisemblablement d'ici la fin d'année 2026, pour savoir si la réalisation de cette station orbitale européenne est envisageable. Si le projet est effectivement faisable tant sur le plan budgétaire que politique et technologique, le chemin sera encore long avant que des astronautes orbitent autour de notre planète au cœur d'un fleuron technologique européen.
Référence de l'article :
Et si l'Europe se dotait de sa propre station spatiale pour l'après ISS ?, Les Numériques (05/03/2026), Brice Haziza