"Faillite mondiale de l'eau" : à quoi devons-nous nous attendre ?

Les lacs, les rivières ou encore les ruisseaux s'assèchent plus vite que la nature ne peut les régénérer... Que va-t-il se passer ?

Notre monde entre dans une nouvelle ère, celle de la "faillite mondiale de l'eau", selon l'ONU.
Notre monde entre dans une nouvelle ère, celle de la "faillite mondiale de l'eau", selon l'ONU.

Nous venons d'entrer "dans l’ère de la faillite hydrique mondiale", et c'est une nouvelle catastrophique… Des termes presque apocalyptiques utilisés par les chercheurs de l'ONU. "Les termes “stress hydrique” et “crise de l'eau” ne suffisent plus à décrire les nouvelles réalités mondiales" est-il écrit dans le rapport de l'Institut de l'Université des Nations Unies pour l'eau, l'environnement et la santé.

"Stress hydrique", "crise de l'eau"… À l'origine, ces termes étaient "formulés comme des alertes concernant un avenir encore évitable", écrivent les spécialistes. L'entrée dans cette nouvelle ère, décrite comme une "nouvelle phase" par les chercheurs, est une nécessité pour montrer que nous avons franchi la limite.

Que signifie vraiment le terme "faillite hydrique" ? Cette situation qualifie le fait que les points d'eau : lacs, rivières, et autres aquifères s'assèchent plus vite que la nature ne peut les reconstituer, révèle le rapport de l'ONU. À long terme, cela endommage l'environnement. À tel point que les niveaux antérieurs ne peuvent plus être rétablis…

Cette situation est visible : les grands lacs s'assèchent et rétrécissent à vue d'oeil. Et de plus en plus de grands fleuves ne se déversent plus dans la mer durant certaines périodes de l'année. L'eau et de nombreuses zones humides en surface (35% au total) ont disparu de la surface de la Terre.

Et ce, à grande échelle : environ 410 millions d'hectares (ce qui représente la taille de l'Union européenne !) a disparu ces 50 dernières années… L'eau douce de surface disparaît. Cette situation est grave mais rien n'est fait. D'autant que "le monde vit déjà au-delà de ses moyens hydrologiques", alertent les experts.

L'eau douce de surface n'est pas la seule à disparaître. L'étude onusienne montre également que les eaux souterraines s'évaporent, s'assèchent, s'amenuisent. Environ 70% des principales nappes phréatiques utilisées pour l'eau potable présentent des niveaux à la baisse sur le long terme. Et les dommages causés aux ressources en eau de notre planète "deviennent difficiles à réparer", explique Kaveh Madani, scientifique environnemental et auteur du rapport.

Dans certains pays, (y compris en France !), les crises de type "Day Zéro" - quand la demande en eau dépasse les ressources disponibles obligeant à fermer les robinets domestiques et à rationaliser strictement les usages - se multiplient un peu partout dans les villes du monde. Quant à l'eau douce restante ? Elle est malheureusement de mauvaise qualité.

En cause ? La pollution liée aux activités humaines : transport, agriculture, industrie… Ajoutons à cela le changement climatique, dont les conséquences sont la salinisation des eaux souterraines, et la fonte des glaciers et de la couverture neigeuse. L'eau douce est belle et bien en train de disparaître de la surface de notre planète.

Certes, tous les pays ne sont pas concernés par cette faillite hydrique mais cette crise se ressent sur tous les continents. "Cela nous alerte sur le fait que de nombreux systèmes à travers le monde sont en situation de faillite. (…) Reconnaissons cette dure réalité dès aujourd'hui avant de causer des dommages irréversibles", ajoute le scientifique de l'ONU.

Le rapport "met en lumière une dure réalité: la crise mondiale de l'eau a atteint un point de non-retour", rapporte Tim Wainwright, directeur général de l'organisation caritative WaterAid. Les auteurs du rapport demandent à imposer des limites de consommation pour ne pas en faire pâtir les futures générations.

Références de l'article :

LeFigaro avec AFP, (21/01/2026), L'eau est en état de «faillite mondiale», estime un rapport de l'ONU

Éva Craine avec AFP, HuffingtonPost, (21/01/2026), La pénurie d’eau est si dramatique et inquiétante que les scientifiques parlent désormais de « faillite hydrique »