Douceur et orages en France : mais où sont passées les traditionnelles giboulées de mars ?

Vous avez dit giboulées ? Elles brillent par leur absence cette année en France, alors que le mois est désormais bien entamé. Douceur et premiers orages semblent les avoir remplacées : comment expliquer cette situation ?

Les giboulées sont des averses accompagnées de vent et d'un brutal refroidissement, au cours desquelles s'observent parfois des flocons de neige, des grêlons ou des granules de glace.
Les giboulées sont des averses accompagnées de vent et d'un brutal refroidissement, au cours desquelles s'observent parfois des flocons de neige, des grêlons ou des granules de glace.

Février a été marqué par la pluie et la douceur, le début du mois de mars par le soleil, le sable du Sahara et… la douceur ! Aucune trace des traditionnelles giboulées de mars, portées disparues. Comment expliquer cette absence ? Pourraient-elles se former dans les prochains jours ? Quelles sont les conditions météo propices aux giboulées ?

De l'air froid en altitude

Les giboulées, souvent appelées giboulées de mars, se produisent généralement lors du passage de l'hiver au printemps. Selon Météo-France, il s'agit d'une brève averse pendant laquelle différents types de précipitations se mélangent : pluie, grêle, grésil, neige, neige fondue. Ces giboulées sont souvent accompagnées de vent.

Lorsqu'elles surviennent, on observe généralement un brutal refroidissement, et à l'inverse, entre deux giboulées, le soleil donne l'impression d'un temps agréable, printanier et doux. Pourquoi ces giboulées se forment-elles ? Tout simplement parce que l'écart de températures entre l'altitude et les basses couches de l'atmosphère est très important à cette époque de l'année, entre le sol qui se réchauffe et l'air froid qui persiste en altitude.

De puissants courants ascendants se créent alors, formant des nuages instables donnant ensuite des giboulées. Lorsque le conflit de masses d'air est très important, des orages d'air froid peuvent même se déclencher. Les nuages qui les génèrent sont instables et développés verticalement : ce sont des cumulus congestus ou des cumulonimbus.

C'est lorsque l'on observe de la grêle que l'on parle véritablement de giboulées. Il n'y a en effet que sous ce type de précipitations qu'on en observe, en-dehors des violents orages de la saison estivale. Ce sont les courants ascendants qui favorisent le grossissement des cristaux de glace, formant alors le grésil ou la grêle (le grésil étant de la grêle de petite taille). Lorsque de fortes précipitations se déclenchent, l'air froid descend au niveau du sol, d'où le risque de neige.

Des giboulées possibles jusqu'en mai !

Contrairement à l'inconscient collectif, les giboulées surviennent donc généralement entre la fin de l'hiver et le début du printemps, soit de février à avril, voire jusqu'au mois de mai certaines années. Dans l'intérieur des terres, elles sont plus nombreuses et plus actives dans l'après-midi, lorsque le soleil a accentué le réchauffement près du sol, ce qui augmente l'instabilité.

Dans la nuit de vendredi à samedi, de l'air plus froid va arriver par le Nord-Ouest, permettant enfin l'arrivée de giboulées, après le passage d'une perturbation.
Dans la nuit de vendredi à samedi, de l'air plus froid va arriver par le Nord-Ouest, permettant enfin l'arrivée de giboulées, après le passage d'une perturbation.

Le problème, cette année, c'est que depuis le 11 janvier, nous sommes dans de l'air très doux, au-dessus des normales de saison ! La seule instabilité possible pour le moment se produit donc comme en été, par évolution diurne. Mais cela pourrait changer en fin de semaine prochaine, avec l'arrivée d'un flux maritime plus frais.

D'ailleurs, si l'on observe la climatologie des giboulées sur la période 1971-2000, on découvre que les giboulées sont enregistrées entre février et avril, 3 à 6 jours par an seulement en moyenne, et le plus souvent au mois d'avril ! Il faudrait donc plutôt parler de "giboulées d'avril" ou de "giboulées de printemps". La seule exception concerne Brest, où le maximum de giboulées est enregistré en hiver.

Les façades maritimes sont globalement les plus exposées, ainsi que les régions situées au Nord de la Loire, tout comme les contreforts du Massif Central et des Alpes. Ne criez donc pas victoire trop vite : il reste encore un bon mois et demi pour que les giboulées apparaissent !

Référence de l'article :

Météo-France. Les giboulées.