Des dizaines de nouvelles espèces animales viennent d’être découvertes en Angola : un trésor de biodiversité inexploré
Même si l’action de l’homme menace chaque jour davantage la biodiversité, il existe encore des régions du monde presque inexplorées où vivent des espèces jamais observées auparavant.

Des grillons cuirassés, des araignées fluorescentes, une « chenille cuivrée » à la coloration particulière encore jamais décrite officiellement : ce ne sont là que quelques-uns des animaux extraordinaires découverts lors d’une récente expédition du Wilderness Project.
Ce projet, dont l’objectif est de préserver l’immense patrimoine de biodiversité de l’Afrique, s’est cette fois concentré sur un plateau isolé d’Angola, resté pendant des décennies presque inaccessible aux scientifiques.
Dans un coin de l’Afrique, un trésor de biodiversité
Il est désormais bien établi que la biodiversité de la planète est menacée par les activités humaines et le danger est réel. Depuis le XVIe siècle, environ huit cents espèces ont disparu et beaucoup d’autres pourraient s’éteindre au cours des prochaines décennies, avec des conséquences préoccupantes sur les ressources alimentaires, les ressources médicales, la qualité de l’eau et bien d’autres domaines.

Dans ce contexte particulièrement alarmant, une lueur d’espoir provient des régions les plus reculées de la planète, en l’occurrence du plateau de Lisima, arrosé par le fleuve Kassai, dans l’est de l’Angola. C’est de là que provient une partie de l’eau qui permet à des écosystèmes et à des communautés humaines de survivre, parfois à plusieurs milliers de kilomètres de distance. C’est notamment le cas du delta de l’Okavango, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
On peut alors se demander comment une région aussi importante a pu rester presque inexplorée. Des décennies de guerre civile dans le pays, ainsi que les difficultés considérables d’accès au plateau, ont fait de Lisima un territoire longtemps resté quasiment inaccessible aux expéditions scientifiques.
Par conséquent, les espèces animales qui vivent dans cette région, malgré les menaces permanentes que représentent la déforestation et l’industrie du diamant, se comptent potentiellement par centaines. Certaines d’entre elles ne se trouvent probablement nulle part ailleurs dans le monde.
Lisima : le paradis caché des espèces inconnues
Grâce à l’expédition menée en 2026 sur le plateau de Lisima, il a été possible d’identifier plusieurs dizaines d’espèces potentiellement nouvelles pour la science.
Parmi elles figurent environ soixante nouvelles espèces de papillons de jour et de nuit, huit nouvelles espèces de libellules ainsi que trois espèces de sauterelles qui n’avaient encore jamais été observées.
À celles-ci s’ajoutent un nouveau grillon prédateur, un nouveau papillon observé également au stade de chenille, ainsi que deux nouvelles espèces d’araignées particulièrement étonnantes.
Le nombre définitif sera confirmé une fois les analyses et le travail de classification terminés, mais cette découverte demeure déjà exceptionnelle par le nombre et la diversité des espèces recensées.
Les espèces les plus spectaculaires d’Angola
Ce qui rend cette découverte réalisée en Angola encore plus fascinante, ce sont les caractéristiques vraiment singulières de certains des animaux observés.
Parmi les espèces les plus étonnantes figure une araignée tisseuse capable d’imiter l’apparence des coccinelles. Cette stratégie lui permet de tromper ses prédateurs et ainsi d’éviter d’être dévorée.
Scientists discover a glowing blue spider among dozens of potential new species
— Nature is Amazing ️ (@AMAZlNGNATURE) June 4, 2026
Researchers exploring Angola's remote Lisima Plateau uncovered dozens of potentially new species, including a crowned crab spider that glows blue under ultraviolet light. The expedition also revealed pic.twitter.com/T2dV6cbj56
Encore plus mystérieuse est l’araignée-crabe qui émet une fluorescence bleue visible sous les rayons ultraviolets. Cette araignée ne possède pas encore de nom scientifique officiel et la fonction de cette caractéristique demeure inconnue.
Le grillon cuirassé prédateur observé en Angola est lui aussi une espèce nouvelle. Il s’agit d’un chasseur particulièrement efficace, tout aussi performant lorsqu’il s’agit de se défendre. Non seulement il est protégé par une carapace hérissée d’épines, mais lorsqu’il se sent menacé, il peut également projeter son hémolymphe — l’équivalent du sang chez les insectes — sur ses agresseurs.
Il ne s’agit pas en revanche d’une nouvelle espèce dans le cas de la vipère arboricole, mais sa découverte reste néanmoins surprenante, car il est très rare d’observer cet animal en Angola. L’hypothèse avancée est que cette vipère aurait parcouru des centaines de kilomètres à travers les forêts du Congo pour atteindre cette région.
La découverte de huit espèces de libellules est tout aussi remarquable, un nombre exceptionnellement élevé pour une seule expédition scientifique.
Référence de l'article :
Tim Cocks - Scientists find new species of dragonfly, grasshopper and a fluorescent spider. Reuters /Giugno 2026)