Dernière minute : la fusée chinoise s'écrase dans l'océan indien

Après plusieurs jours de grande incertitude, la fusée chinoise qui dérivait dans l'espace a réussi à traverser l'atmosphère et ses restes sont tombés dans l'océan Indien sans faire de victimes.

La fusée Long March 5B décolle le 29 avril. Image : Asiatimes
La fusée Long March 5B décolle le 29 avril. Image : Asiatimes

La situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés ces derniers jours semble être tirée d'un film de science-fiction, bien que la réalité corresponde davantage à une imprudence qui n'est plus très courante dans le siècle où nous sommes. Qu'une agence spatiale lance un satellite et ne sache pas où il tombera, en espérant qu'il se désintègre, cela semble révolu. On peut dire que la Terre entière est utilisée comme piste d'atterrissage.

Durant ces dernières 48 heures, l'actualité de notre pays, et plus que sûrement celles des autres pays, ne cesse de donner des informations sur la chute imminente des 21 tonnes de roquettes. Les médias sont en effet préoccupés par les dommages qu'un impact d'une telle masse pourrait causer à tout moment sur Terre. Un mal de tête qui a été aggravé par des informations malheureuses dans certains médias sur le véritable point d'impact.

Ce qui ne fait aucun doute, c'est que ce qui se passe ces dernières heures doit marquer un avant et un après dans le contrôle que les pays exercent sur leurs missions spatiales. Il est impensable qu'au XXIe siècle, l'humanité ait conscience d'une fusée qui peut tomber sur nos têtes à tout moment. Il arrive aussi que le risque vienne du même pays où le virus du COVID-19 est apparu, ce qui n'aide pas trop.

Le pas à pas du satellite chinois

La fusée Long March 5B a été commandée pour mettre en orbite le 29 avril l'un des principaux éléments de la nouvelle station spatiale de la Chinese National Space Administration (CNSA). Il s'agit du module Tianhe, qui signifie harmonie des cieux en français, et il accueillera trois astronautes ainsi que d'autres instruments à l'avenir. Comme pour notre Station spatiale internationale (ISS), la Grande Station spatiale modulaire chinoise (TSS) doit être assemblée module par module, en utilisant plusieurs voyages depuis la surface de la planète à l'aide de fusées.

Une fois que la fusée chinoise a quitté le module près de son orbite, plus sans moteurs ni quoi que ce soit qui pourrait l'aider à manœuvrer, elle est devenue un objet à la dérive, faisant le tour de la Terre de manière incontrôlée et en chute libre. Dans ces situations, on espère que le frottement que subira la grande masse de ferraille finira par le désintégrer presque complètement et, s'il y a des restes, ce serait sûrement dans la mer où ils tomberaient (l'eau couvrant près de 70% de la surface de la planète). Bien que cela puisse sembler une méthode curieuse, elle est utilisée par d'autres agences spatiales.

Tout a changé au moment où une carte a été rendue publique avec la trajectoire future de la fusée avant de toucher le sol. Les réseaux sociaux et les médias ont été des orateurs, certains avec plus de succès que d'autres, sur les possibilités que les restes pourraient tomber sur notre pays. La vérité est que dès le premier instant, on savait que le lieu exact de la chute était imprévisible, malgré la connaissance de son orbite. L'opacité chinoise classique n'aide pas non plus dans ce type de situation. La seule chose qui avait été confirmée était la date et l'heure de la rentrée dans l'atmosphère. Tout semblait indiquer que ce serait dans la nuit du samedi à dimanche.

Le dernier chapitre de l'histoire a été écrit, comme prévu, à l'aube de ce dimanche. En attendant la confirmation officielle, la rentrée dans l'atmosphère semble s'être produite à peu près verticalement depuis la péninsule arabique et les débris seraient tombés sur l'océan Indien près des Maldives sans causer aucun type de dommage à quoi que ce soit ou à personne.

Peu importe le peu de chance que nous ayons, le risque qu'il tombe sur nous existait. Bien entendu, il faudra réfléchir à l'éthique de ce type de procédures de destruction de roquettes. La NASA a déjà publié une déclaration de plainte à cet égard.

Space X et la NASA, un exemple de responsabilité

Depuis quelques années maintenant, le gourou de la technologie Elon Musk développe une méthode de récupération de fusée avec sa société Space X. Après plus d'un échec, des fusées comme le Falcon 9 sont déjà capables de mettre des satellites en orbite, comme le réseau Starlink.

Les plus nostalgiques se souviendront de ce que la NASA a fait avec ses célèbres navettes spatiales telles que Columbia, Challenger, Discovery, Atlantis et Endeavour. Ces navires étaient attachés à un grand réservoir externe orange avec deux petites roquettes blanches. Peu après quelques secondes, le char se sépara et tomba à proximité de Cap Canaveral, se détruisant à l'impact avec la mer.

Transbordador Discovery
Lancement de la navette Discovery au départ de Cap Canaveral. Image : NASA

La station spatiale russe MIR était le premier objet que beaucoup d'entre nous, astronomes, suivions presque quotidiennement à cette époque où seuls quelques satellites étaient vus chaque nuit. Il brillait plus ou moins comme le fait l'ISS aujourd'hui. Le 23 mars 2001, il est tombé de manière contrôlée. Une grande partie des 130 tonnes a été brûlée dans l'atmosphère et le peu qui restait est tombé dans les eaux du Pacifique.