Cet été 2026 exceptionnel a eu une conséquence insoupçonnée dans les Alpes

Le massif du Mont-Blanc connaît une année exceptionnelle avec un nombre record d'éboulements, une situation favorisée par les températures très élevées de ces dernières semaines.

Un nombre record d'éboulements a été enregistrés autour du massif du Mont-Blanc ces dernières semaines
Un nombre record d'éboulements a été enregistrés autour du massif du Mont-Blanc ces dernières semaines

Cet été 2026 s'est montré véritablement exceptionnel en termes de températures sur la France, celui-ci étant assuré de devenir le plus chaud jamais enregistré dans notre pays. Dans les Alpes, la chaleur intense de ces dernières semaines a favorisé une multiplication d'un phénomène naturel dangereux : les éboulements.

Une année record

L'été 2026 caniculaire a été marqué par un nombre record d'éboulements autour du massif du Mont-Blanc selon Ludovic Ravanel, géomorphologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

En seulement quelques mois, ce sont en effet 450 écroulements (les plus gros éboulements recensés) qui ont été relevés autour du Mont-Blanc, dont certains se sont malheureusement avérés mortels.

Le 13 août dernier, un alpiniste de 26 ans est par exemple décédé après avoir été frappé par une chute de pierres alors qu'il évoluait sur l'Aiguille du Génépi, dans le secteur du Tour, avec des clients. En juillet, deux alpinistes tchèques avaient également perdu la vie dans le couloir du Goûter.

Le précédent record avait été enregistré en 2022 avec environ 300 éboulements. Cette année avait déjà été marquée par plusieurs épisodes de chaleur exceptionnels, montrant le lien entre les températures élevées et la fragilisation des parois rocheuses. En 2026, la fréquence des chutes de roches a toutefois atteint un niveau encore supérieur.

Un lien entre éboulements et chaleur

L'explication principale de ce nombre record d'éboulements ces derniers mois se trouve au niveau du permafrost. En effet, l'augmentation des températures dégrade et réduit le permafrost. Or, la glace présente dans les fissures de la roche joue en quelque sorte un rôle de ciment et contribue à maintenir les parois rocheuses en place.

Ainsi, lorsque les températures sont trop élevées, comme ce fut le cas ces dernières semaines ou durant l'année 2022, la glace fond et les roches se détachent des parois, ce qui provoque des chutes de pierres parfois très impressionnantes.

La fonte des glaciers accentue également cette instabilité. En perdant de l'épaisseur, ceux-ci exercent moins de pression sur les parois environnantes, qui peuvent alors se décompresser et devenir plus instables. Les épisodes de chaleur prolongés représentent donc un facteur supplémentaire de fragilisation de la haute montagne.

Si le retour de températures plus raisonnables pourrait rimer avec des roches progressivement plus stables, ce ne sera malheureusement pas le cas tout de suite. La chaleur accumulée durant l'été continue en effet de pénétrer progressivement dans les terrains, parfois jusqu'à plusieurs mois après la fin d'une période caniculaire.

Les effets de cet été particulièrement chaud pourraient donc encore se faire sentir jusqu'en novembre, voire jusqu'en décembre ou janvier, et ce même si le gel se manifeste de nouveau en surface. Ainsi, les plus gros éboulements pourraient encore se produire cet automne dans le secteur, selon les géologues.

Avec l'augmentation des températures moyennes, il est donc probable que les éboulements et effondrements se montrent de plus en plus récurrents à l'avenir, ce qui représente un danger supplémentaire pour les alpinistes mais aussi pour certaines infrastructures de montagne.

Référence de l'article

GEO & AFP. (2026). Dans les Alpes, la canicule provoque un record d’éboulements.