France : après les vagues de chaleur, on risque bientôt de manquer d’eau potable

La France a subi plusieurs vagues de chaleur consécutives pendant l’été. Des températures trop élevées et pas assez de pluie. Résultat : on pourrait manquer d’eau potable pour le mois de septembre, ce qui explique des restrictions d’eau actuelles.

Des coupures d'eau déjà en cours
Des coupures d'eau déjà en cours

Pénurie d’eau. C’est l’inquiétude principale pour le mois prochain. Va-t-on manquer d’eau potable en septembre dans l’Hexagone ? Les scientifiques et politiques envisagent cette possibilité. Après les nombreuses vagues de chaleur que la France a connues pendant la période estivale, des restrictions d’eau ont été instaurées dès la mi-juillet, dans l’objectif précis de préparer le mois de septembre. Mais la situation reste alarmante.

Un manque de pluie qui pousse à des restrictions d’eau

Depuis cet été, le tableau est des plus inquiétants. Le niveau de la grande majorité des nappes phréatiques est plus bas que la normale. Le débit d’eau des fleuves connaît également une baisse importante. Quant aux petits cours d’eau, ils sont complètement à sec. Résultat : à la mi-août, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, annonce que plus de 40 000 de Français sont victimes de coupures d’eau.

Il essentiel de trouver des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique

Une situation qui ne va pas s'améliorer, du moins, sur le long terme. Car si nous pouvons toujours espérer le retour de la pluie à court terme, le manque d’eau est un enjeu majeur, lié à un problème à plus grande échelle, le réchauffement climatique. Cette réalité est à prendre en compte immédiatement pour Eric Sauquet, hydrologue à l’Inrae.

« Les écosystèmes sont aujourd’hui dans une situation de souffrance. On est clairement dans une situation de sécheresse extrême, avec des conséquences sur tous les usages rattachés à l’eau et sur les écosystèmes »

Certaines régions sont plus à risque que d’autres, comme le détaille la carte Vigieau, mise à jour par le ministère de la Transition écologique. On constate que des régions telles que la Bretagne, le Grand Est ou encore le Centre, sont particulièrement touchées par les restrictions d’eau. Les autres régions ne sont pas épargnées. Le vrai problème réside dans le fait que de simples pluies passagères ne seront pas suffisantes pour régler le problème.

Une sécheresse qui s'éternise
Une sécheresse qui s'éternise

Plus complexe encore, les pluies doivent être régulières et pas trop fortes, pour ne pas “surcharger” les sols, comme l’explique le professeur Éric Servat, également hydrologue.

« Il nous faudra des pluies régulières et avec des intensités pas trop élevées pour éviter de saturer les capacités d’infiltration des sols et permettre que l’eau, petit à petit, s’infiltre jusque dans les nappes »

Tout l’enjeu est là : utiliser l’eau potable le moins possible. Si, chacun à notre échelle, nous pouvons améliorer la situation, ce sont surtout les entreprises, responsables de 80 % des prélèvements d’eau annuels, selon le professeur Simon Porcher, qui vont devoir y mettre du leur. Pour lui, il est essentiel de hiérarchiser les besoins et que les gros secteurs, tels que le tourisme, l'industrie et bien sûr, l'agriculture, fassent des efforts.

La pluie doit être régulière et pas trop intense
La pluie doit être régulière et pas trop intense

Mais ces solutions restent des solutions d’urgence. A long terme, il faut envisager de nouvelles méthodes. Meilleurs systèmes d’irrigation, meilleurs systèmes de stockage, meilleure réutilisation des eaux usées… Ces techniques sont déjà indispensables afin de contrer les problèmes liés au réchauffement climatique.

Référence de l'article

Emilie Jehanno. (2026). Sécheresse : « Un risque de coupures dans des agglomérations »… Va-t-on manquer d’eau potable en septembre ?.