Canicule : un "congé climatique" est-il envisageable en France ?

La canicule actuelle pourra-t-elle faire évoluer les choses et permettre d'instaurer un congé climatique pour les travailleurs français ?

En France, seul le secteur du BTP bénéficie d'un chômage partiel lors d'une vigilance orange
En France, seul le secteur du BTP bénéficie d'un chômage partiel lors d'une vigilance orange

Alors que la France subit l'une des pires canicules de son histoire, la secrétaire générale du parti des Écologistes a de nouveau proposé l'instauration d'un droit aux congés climatiques. Mais est-ce seulement possible ?

D'autres exemples à travers le monde et même en Europe

Si le seuil symbolique de 40°C semblait véritablement incroyable il y a encore une vingtaine d'années, il est clair qu'atteindre une telle température ne relève plus de l'exception de nos jours durant la période estivale. Or, outre son impact sur la santé ou l'environnement, ce type de chaleur a un réel impact sur notre travail.

Travailler sous de telles températures relève effectivement de l'exploit lorsque nous ne disposons pas de bureaux climatisés ou pire, lorsque nous sommes en extérieur. Un effort physique sous une chaleur aussi intense peut d'ailleurs s'avérer dangereux. C'est en prenant ces paramètres en compte que plusieurs partis politiques français ont de nouveau remis le « congé climatique » sur le devant de la scène ces derniers jours.

Concrètement, les membres des Écologiques et de La France Insoumise ont appelé à moduler le droit du travail pour mettre en place un congé spécifique lié aux aléas du climat. Marine Tondelier, a d'ailleurs lancé une pétition pour la création de cinq jours « pour permettre à chacun.e de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école liée au climat, sans perte de revenus ».

Cette proposition s'inspire notamment de l'exemple espagnol, qui a inscrit en novembre 2024 dans le droit du travail un congé climatique payé par l'État de quatre jours par an qui vise à éviter les déplacements en cas d'alerte météorologique. Ce dispositif a été mis en place suite aux inondations de Valence, qui avaient coûté la vie à plus de 200 personnes.

L'Espagne n'est néanmoins pas le seul pays a avoir opté pour ce type de législation. Au Canada, les entreprises doivent mettre en place des mesures spécifiques de risques en cas de conditions météorologiques défavorables, le droit de cesser le travail en fait partie. Au Qatar, le travail est interdit entre 10h et 15h30 du 1er juin au 15 septembre.

Et en France ?

Côté français le constat est moins engageant sur ce plan. Si le secteur du BTP bénéficie d'un dispositif chômage partiel dès le déclenchement d'une vigilance orange depuis un décret en juin 2024, les autres secteurs n'y ont pas droit.

Le télétravail pourrait être une option dans ce type de situation, mais là encore les salariés ne sont pas en mesure de l'imposer à leur employeur. Autrement dit, l'initiative doit venir de l'entreprise comme l'a d'ailleurs bien rappelé le ministre du travail en mai dernier « les entreprises savent ce qu’il faut faire quand il fait chaud ».

Toutefois, celui-ci a récemment été interrogé par BFM à ce sujet et a tout de même déclaré qu'il était « intéressant de regarder ce qui se pratique culturellement et historiquement dans des pays où il fait très chaud », ce qui pourrait indiquer un pas dans le bon sens de la part du gouvernement. Il est de toute façon difficile de ne pas voir que la chaleur actuelle peut devenir réellement problématique voire dangereuse pour certains secteurs.

À ce jour, seul le droit de retrait, prévu à l'article L4131-1 du Code du travail, peut s'appliquer en cas de chaleur extrême si celle-ci met en danger le travailleur, néanmoins est-ce réellement suffisant ?

Les canicules vont se montrer de plus en plus fréquentes à l'avenir mais aussi plus intenses, un constat qui peut déjà être fait cette année en voyant l'intensité de cette vague de chaleur mais aussi le fait que la France subit déjà sa deuxième canicule intense de la saison chaude alors que nous ne sommes qu'à la fin du mois de juin. Peut-être que ce début d'été 2026 permettra enfin de faire évoluer les choses pour protéger les travailleurs des aléas du climat ?

Référence de l'article

Quentin Meunier. (2026). Canicule : Le congé climatique suggéré par les Ecologistes, il existe ailleurs ? (spoiler : oui).