Baisse des émissions de gaz à effet de serre : un objectif hors d'atteinte en France ? Quel bilan en 2025 ?
La baisse des émissions de gaz à effet de serre a ralenti en France en 2025. Est-ce inquiétant, alors que de nombreux pays, dont le nôtre, se sont engagés à la neutralité carbone en 2050 ?

Selon le Citepa (Centre Interprofessionnel Technique d'Études de la Pollution Atmosphérique), l'organisme chargé d'évaluer les émissions de gaz à effet de serre en France, notre pays s'éloigne de ses objectifs climatiques. Les émissions de gaz à effet de serre n'ont en effet baissé que de 1,6% en France en 2025, soit moins que les trois années précédentes. Pourquoi ce "mauvais" résultat ?
Les transports, toujours à la traîne
Cette baisse de 1,6% des émissions de gaz à effet de serre en France en 2025 est principalement due aux secteurs de l'industrie et de l'agriculture, qui contribuent le plus à faire baisser le bilan carbone du pays. Dans l'industrie (baisse des émissions de 3,4%), cela s'explique d'abord par le ralentissement de l'activité manufacturière (notamment dans la chimie le ciment et la métallurgie), mais aussi par les efforts de décarbonation dans les usines.
Les émissions territoriales de GES de la France ont baissé de -1,6% en 2025 (soit -5,8 MtCO2e) par rapport à 2024, ce qui reste en deçà de la trajectoire requise par notre stratégie nationale bas-carbone (SNBC3) à -4,6% par an.
— Maxime Sagot (@maximsagot) January 14, 2026
Dans le bâtiment, le transport, lindustrie,
Dans le secteur agricole, par ailleurs en crise sérieuse, c'est la réduction de la taille des cheptels bovins qui entraîne une baisse des émissions. Aucun lien n'est à établir avec la dermatose nodulaire, épidémie ayant provoqué l'abattage de plus de 3.000 bovins, sur un total de plus de 16 millions de bovins pour le cheptel français. Il s'agit plutôt d'une tendance lourde liée notamment au non-remplacement des éleveurs partant en retraite.
Le secteur des transports reste en revanche le premier émetteur de gaz à effet de serre, clairement à la traîne par rapport aux autres, malgré la légère diminution des consommations de carburants. Les voitures particulières représentent encore environ la moitié des émissions du secteur, les poids lourds environ 25%, et les véhicules utilitaires légers 15%.
Le bâtiment et l'énergie sont également en retard dans leur transition bas carbone. Le secteur du bâtiment (chauffage, climatisation…) affiche une baisse modeste (loin des objectifs) en raison de la variation de consommation de fioul et de gaz. Enfin, les émissions carbone du secteur de l'énergie restent quasiment stables, malgré la production d'électricité très décarbonée à travers le nucléaire et le développement des renouvelables.
Neutralité carbone : impossible en 2050 ?
La France, comme une centaine d'autres pays, s'est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050, ce qui signifie ne pas émettre plus de gaz à effet de serre qu'il ne peut en être absorbé. Il s'agit d'une des clés essentielles pour lutter contre le réchauffement climatique d'origine humaine. Mais cet objectif, malgré la baisse encore affichée des émissions en 2025, semble pour le moment impossible à atteindre.
Un rappel utile: les émissions de gaz à effet de serre en France par secteur.
— Greg De Temmerman (@Gregdt1) August 23, 2022
En principe, ça indique où les actions (et donc les discours) devraient se concentrer
Source: https://t.co/BTd0dIuSlh pic.twitter.com/bgClWZAiaK
D'abord parce que la baisse, si elle se poursuit, ralentit. En 2024, la baisse des émissions était de 1,8%, contre 6,8% en 2023 et 3,9% en 2022, deux années record. Mais à part 2023, ces chiffres, selon le bilan du Citepa, restent loin du rythme prévu par la stratégie nationale bas carbone (SNBC) du gouvernement, qui fixe un objectif de baisse des émissions de gaz à effet de serre de 5% chaque année.
La France peine donc à avancer, comme l'Allemagne et d'autres pays riches, malgré les records de chaleur et la hausse tendancielle des coûts liés aux événements météo extrêmes. Il n'est même pas certain que la France atteigne ses objectifs prévus pour 2030 : il faudrait pour cela baisser les émissions de 4,6% par an. Quant à l'Union européenne, elle qui vise -90% des émissions en 2040 par rapport à 1990, elle n'en était qu'à -37% en 2023...
Références de l'article :
France Info. Gaz à effet de serre : les émissions ont baissé de 1,6% en France en 2025, moins que les trois années précédentes.
20 Minutes. Climat : Les émissions de gaz à effet de serre continuent de baisser, mais pas suffisamment.