Allergies au pollen : pourquoi le changement climatique aggrave leurs symptômes et leur intensité ?

Le printemps est là ... et avec lui son lot d'allergies au pollen de plus en plus longues et difficiles à vivre. Cette intensification est, selon plusieurs études scientifiques, liée au changement climatique : il favorise la production accrue de pollen et un allongement des saisons de pollinisation.

Le changement climatique intensifie les allergies au pollen et impacte le calendrier de pollinisation.
Le changement climatique intensifie les allergies au pollen et impacte le calendrier de pollinisation.

Rhinites, crises d’asthme et autres conjonctivites, les personnes allergiques au pollen ne voient pas l'arrivée du printemps d'un très bon oeil. La mauvaise nouvelle ? Tous ces symptômes semblent déjà s'aggraver avec l'effet du changement climatique. La hausse des températures et des concentrations de CO₂ favorise le rallongement des saisons polliniques.

Des saisons de pollinisation plus longues

Alors que la saison de pollinisation durait auparavant de mars à mai, on observe une prolongation de la période, parfois jusqu'à l'été, avec une hausse de la concentration de pollens dans l’air. Cela s'accompagne d'une augmentation des allergies, une plus grande sévérité des symptômes et un allongement des périodes « à risques. »

Les mois de mars et avril correspondent à la pleine saison pollinique du bouleau, l’un des pollens les plus problématiques présents sur le sol français, avec les cyprès, les graminées et l’ambroisie. Ce pollen est libéré par les plantes dites « anémophiles » qui se reproduisent grâce à son transport par le vent vers des fleurs femelles.

Selon l'Anses, les allergies au pollen, ou pollinoses, touchent aujourd’hui en France 20 % des enfants âgés de plus de 9 ans et 30 % des adultes. D’après les données des fédérations d’allergologues, « la prévalence des allergies respiratoires a été multipliée par 3 en 30 ans. » Ce sont aujourd'hui 6 millions de Français qui souffrent d’asthme.

Le changement climatique, premier facteur d'aggravation

Ces augmentations sont, selon les spécialistes, largement dues au changement climatique qui impacte le calendrier de pollinisation. La hausse des températures entraîne une floraison plus rapide et avec elle, une « précocité de la période de pollinisation », explique Gilles Oliver, responsable pollen au sein du réseau Atmo, au media Vert.

Cette année, la pollinisation du bouleau a débuté plus tôt que la normale, avant la mi-mars alors « qu’il y a quelques années la saison commençait plutôt à la fin du mois de mars. » Les grains de pollen de bouleau et d’ambroisie, en quantité plus importante, sont aussi plus allergisants.

Quelles solutions pour limiter les risques d'allergie ?

Le changement climatique ne se contente pas de modifier le calendrier des pollens, il augmente aussi leur quantité. La hausse de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, liée aux activités humaines, stimule la croissance des végétaux.

Les villes, qui ont tendance à se végétaliser de plus en plus, choisissent de limiter la présence des espèces les plus allergisantes (les graminées, les cyprès, les aulnes et les bouleaux) pour tenter de réduire les risques d’allergies.

Références de l'article :

Vert, Les pollens sont de retour : pourquoi le changement climatique aggrave nos allergies et comment limiter les symptômes

Notre environnement.gouv, Le changement climatique, facteur d’augmentation des allergies aux pollens