Et si ne pas ressentir de stress du tout n’était pas forcément une bonne chose ?

Le stress fait partie de notre quotidien. Pourtant, certains d’entre nous semblent présenter une insensibilité quasi totale au stress du quotidien. Comment est-ce possible et en quoi se distinguent ces personnes ?

Les interactions sociales provoquent un stress et pourtant, sont indispensables
Les interactions sociales provoquent un stress et pourtant, sont indispensables

Stress du quotidien. Il y a les personnes stressées de nature, celles qui ressentent une pointe d’angoisse dans certaines choses du quotidien. Il y a les grands anxieux, ceux pour qui tout peut être source de forte angoisse. Il y a ceux qui ressentent un petit stress de manière très occasionnelle. Puis, il y a ces personnes qui ne sont jamais stressées, celles qui vivent dans un état de quiétude constant, pour qui les sensations de cœur qui s'accélère, de mains moites ou, tout simplement, de panique, sont inconnues.

Les personnes qui ne ressentent pas le stress ont moins d’interactions sociales

Ce sont ces personnes qui ont fortement intéressé Susan Charles, professeure de sciences de la psychologie. Au départ, la scientifique cherchait à comprendre ce qui pouvait stresser la population dans la vie quotidienne. Après des tests consistant à demander à des participants de raconter les choses stressantes la journée, et ce pendant huit jours, la chercheuse remarque qu’une petite minorité répond constamment la même chose : aucun stress n’a été présent durant la journée.

Le fait de ne ressentir aucun stress n’est pas forcément une bonne chose

Comment se fait-il qu’un individu peut vivre sans ne jamais ressentir la moindre petite pointe de stress ? Susan Charles explique que « ce qui nous rend heureux coïncide souvent avec ce qui nous donne un sentiment de sécurité ». En d’autres termes, nous pouvons penser que ce groupe de non stressés tend à ne pas sortir de leur zone de confort. Ne pas se “mettre en danger” ou ne pas sortir de sa zone de confort. Est-ce une bonne idée ? Susan Charles affirme que ne pas être stressé est à double tranchant.

D’autant plus que, lorsque les scientifiques évoquent le stress en question, le degré d’intensité reste assez bas. Jeremy Jamieson, spécialiste du stress à l'université de Rochester, explique que « nous ne parlons pas d'événements réellement négatifs comme les traumatismes, mais de choses plus courantes dans la vie quotidienne ». Pourtant, même ce niveau de stress est évité. « S'attaquer à un devoir difficile ou à une tâche complexe au travail, ce sont des défis que l'on rencontre tout le temps et ils ne sont pas nécessairement négatifs, mais ils sont souvent présentés comme tels », assure le spécialiste.

Les embouteillages résultent également d'une situation quotidienne et stressante
Les embouteillages résultent également d'une situation quotidienne et stressante

« Apprendre à être résilient et à persévérer malgré les défis et les difficultés est une compétence primordiale. Il ne s'agit pas d'un trait de caractère inné mais bien d'un comportement que l'on peut apprendre et mettre en œuvre », conclut Jeremy Jamieson. Ce groupe ne ressent pas le stress, mais c'est le stress qui aide à l’apprentissage et les interactions sociales, dont ledit groupe se prive. Sans ces défis quotidiens, le cerveau est en souffrance.

Si les personnes qui ne ressentent peu ou pas le stress tendent à montrer un niveau de bonheur plus élevé et moins de maladies chroniques, elles présentent également une mémoire moins efficace, une difficulté à gérer les problèmes du quotidien et des signes de déclin cognitif. Le stress, à petites doses et pour certaines situations, peut se révéler positif et est nécessaire à la vie quotidienne.

Référence de l’article :

Certaines personnes ne sont jamais stressées. Sont-elles pour autant plus heureuses ?