Les microplastiques se trouvent dans l’océan, mais aussi dans votre corps
Les microplastiques ont envahi notre quotidien et se retrouvent partout dans la nature. Des montagnes aux océans, en passant par notre propre organisme, les scientifiques nous mettent notamment en garde contre les paillettes.

Strass et paillettes. Ces dernières ornent nos robes, nos décorations de Noël ou même, nos crèmes pour le visage. Les paillettes réfléchissent la lumière et donnent un effet “waouh” à l’objet sur lequel elles sont disposées. Le problème, c’est qu’elles sont également extrêmement polluantes. Robert Hale, spécialiste de l’environnement, affirme que « l’un des inconvénients [des paillettes] est qu’elles sont conçues pour être petites, et donc aussi très mobiles. » Résultat : des résidus de paillettes peuvent se retrouver partout.
Les résidus de paillettes sont partout dans la nature
Les paillettes sont généralement considérées comme des microplastiques, car leur taille dépasse rarement les 5 millimètres. Les microplastiques se répandent comme une traînée de poudre dans la nature. Robert Hale explique la raison de la dangerosité des paillettes pour l’environnement. « On les applique généralement sur une surface fragile, qui par nature se décompose et s'éparpille ». En d’autres termes, les petites paillettes se brisent encore plus, devenant encore de plus petits bouts.
Les paillettes sont utilisées pour nos objets du quotidien
Le scientifique pointe du doigt ce processus. « Au bout d’un certain temps, elles sont tellement minuscules qu’elles peuvent pénétrer dans les cellules, et interférer avec diverses réactions biochimiques essentielles ». On retrouve donc ces micro plastiques partout dans la nature, comme dans les océans, mais pas que. Des traces de microplastiques ont été retrouvées dans les vaisseaux sanguins et même, dans les selles humaines. A cause de leur taille minuscule, les paillettes peuvent, en effet, finir par être ingérées.
Mais c’est bien cette taille minuscule qui donne du fil à retordre. Impossible de “nettoyer” une fois les paillettes parties dans les airs. Ou dans les mers. Les scientifiques ont en effet constaté la présence de ces microplastiques au cœur même de la chaîne alimentaire, chez le phytoplancton et le zooplancton, essentiels pour la fabrication d’oxygène. Le biologiste Rafael Barty Dextro décrit l’impact des microplastiques sur la vie marine. « De l’ordre du nanomètre, ce microplastique est tellement minuscule que [le zooplancton] court le risque d’en consommer et, ce faisant, de déchirer ses organes internes ».

Et le plastique en lui-même n’est pas le seul problème. Les substances chimiques qui composent ce plastique empoisonnent tout autant. Dans le cas des paillettes, ces additifs servent à la brillance. « Ce mélange, une fois en contact avec l’eau et l’air, commence à se dégrader et à libérer ses composants dans l’eau », affirme le biologiste. Cela n’aggrave pas seulement la vie marine, mais la nôtre aussi. Ce sont des dizaines, voire des centaines de milliers de particules de microplastiques que nous ingérons en une année.
Ces microplastiques sont responsables de lésions de l’ADN, de maladies inflammatoires ou encore, d’un dysfonctionnement au niveau des organes. Si de nombreuses alternatives, telles que les paillettes biodégradables, sont apparues, elles ne tiennent pas toujours toutes leurs promesses. Le mieux reste de tout simplement bannir un maximum les microplastiques si l’on peut les éviter.
Référence de l’article :
Pollution microplastique : peut-on encore porter des paillettes ?