Deux limites planétaires évoluent dans le bon sens, sept atteignent des records : que nous apprennent ces contrastes ?
Deux limites planétaires évoluent favorablement, tandis que les sept autres déjà dépassées atteignent leurs niveaux les plus élevés enregistrés. Le Planetary Health Check 2026 montre ainsi à la fois une capacité d’action et une marge de sécurité qui se réduit.

Les limites planétaires décrivent neuf grands processus qui régulent les équilibres du système Terre. En 2026, sept sur neuf sont dépassées. Deux restent toutefois dans l’espace de fonctionnement sûr à l’échelle mondiale : l’appauvrissement de la couche d’ozone stratosphérique et la charge en aérosols atmosphériques.
Deux limites restent dans l'espace sûr
Pour l’ozone, la valeur mondiale atteint environ 286 unités Dobson (DU), au-dessus de la limite fixée à 277,4 DU. Cette amélioration est liée notamment à la réduction des substances qui détruisent l’ozone, engagée avec le Protocole de Montréal.
Les aérosols présentent également une évolution favorable à l’échelle mondiale : leur différence interhémisphérique est d’environ 0,07, contre une limite de 0,10, avec une diminution depuis autour de 2010. Mais cette situation globale masque des risques régionaux : en Asie du Sud, l’indicateur atteint 0,32, au-dessus de la limite régionale de 0,25.
Sept limites atteignent leurs niveaux les plus élevés enregistrés
Les sept autres limites dépassées concernent notamment le climat, l’intégrité de la biosphère, les usages des terres, l’eau douce, les cycles de l’azote et du phosphore, l’acidification des océans et les entités nouvelles.
Pour le climat, la concentration de CO₂ atteint environ 426 ppm, contre une limite de 350 ppm. Le forçage radiatif d’origine humaine s’élève à +3,10 W/m², alors que la limite est fixée à +1,0 W/m².
Les cycles biogéochimiques illustrent également l’ampleur des dépassements : les apports anthropiques d’azote atteignent environ 165 Tg par an, contre une limite de 62 Tg, tandis que le phosphore extrait des mines atteint 18,2 Tg par an, contre 6,2 Tg.
Les océans subissent aussi cette pression. Entre janvier 2023 et septembre 2025, 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont connu un stress thermique correspondant au niveau de blanchissement, soit l’épisode de blanchissement à l’échelle mondiale le plus important jamais observé.
Une sécurité qui peut aussi s'éroder
Le rapport souligne enfin une fragilité moins visible, mais déterminante pour la stabilité du climat : celle des puits de carbone terrestres. Les végétations et les sols absorbent une part importante du CO₂ émis par les activités humaines, contribuant ainsi à ralentir l’accumulation du carbone dans l’atmosphère. Leur fonctionnement constitue donc un élément essentiel de la résilience du système Terre et des trajectoires vers la neutralité carbone.
Or cette capacité d’absorption montre des signes de stagnation ou d’affaiblissement depuis environ 2000. La multiplication des épisodes de chaleur, de sécheresse et d’incendies peut réduire la capacité des écosystèmes à stocker du carbone et, dans certaines régions, les faire passer d’un rôle de puits à celui de sources de carbone. Cette évolution fragilise un mécanisme naturel sur lequel reposent en partie les équilibres climatiques actuels.
Restaurer l'équilibre
Le choix d’en faire un axe majeur du Planetary Health Check 2026 traduit ainsi une préoccupation plus large : préserver les capacités naturelles de la planète à absorber les perturbations que nous lui imposons.
Les deux limites dont l’évolution s’est améliorée montrent qu’une pression environnementale peut être réduite lorsque des actions coordonnées sont engagées.
Mais avec sept des neuf limites planétaires désormais transgressées, le rapport rappelle que préserver la résilience de la Terre ne peut plus reposer sur quelques avancées isolées : il s’agit de ramener l’ensemble du système dans son espace de fonctionnement sûr.
Référence de l'article
Caesar et al.. (2026). Planetary Health Check 2026.