Retour du phénomène El Niño : des conséquences importantes prévues sur la météo de certaines régions en France

Alors qu'un phénomène El Niño particulièrement fort est redouté pour les prochains mois, certaines régions de France doivent s'inquiéter d'un potentiel impact sur leurs températures et leurs précipitations : lesquelles ?

Le climat mondial sera forcément impacté par El Niño, dont on craint le retour en 2026-2027. Si les conséquences de cette anomalie thermique dans l'océan Pacifique Sud ne sont pas établies sur les phénomènes météo en France métropolitaine, nos territoires d'outre-mer connaîtront dans les prochains mois des modifications de leurs températures et de leurs précipitations.

Plus chaud et plus sec côté Atlantique ?

Généralement, selon les données de Météo-France, les épisodes El Niño ont pour effet d'assécher et de réchauffer le climat en Guadeloupe et dans les îles du Nord. On observe notamment une augmentation des températures nocturnes, accentuant alors le ressenti de chaleur et les situations d'inconfort thermique. Quant à la tendance plus sèche, elle n'est pas systématique ni uniforme selon les saisons et dépend notamment de l'activité convective.

En revanche, un faible El Niño peut provoquer des anomalies marquées, et vice-versa : il n'y a pas de corrélation des intensités. En Guyane, la tendance est la même, avec toutefois un faible décalage temporel : les impacts sur le climat guyanais se font ressentir rapidement après le début du phénomène El Niño. Il s'agit d'un enjeu majeur pour la Guyane, en raison des conséquences sur l'étiage des fleuves et les moyens de transports de personnes et de marchandises.

En Martinique, l'impact d'El Niño est bien plus visible sur les températures, qui augmentent notamment la nuit, que sur les précipitations, les processus de pluie variant fortement dans la région. Enfin, à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'influence d' El Niño est jugée comme non systématique et dépendra de la circulation atmosphérique sur l'océan Atlantique Nord.

Les pluies impactées dans les océans Pacifique et Indien

Dans le Sud-Ouest de l'océan Indien, c'est l'activité de la saison des pluies qui est modifiée par le phénomène El Niño : ainsi, le cumul saisonnier des précipitations s'avère en moyenne excédentaire sur La Réunion, avec des températures généralement au-dessus des normales. En revanche, les impacts de cyclones sur l'île ne changent pas : un cyclone en moyenne par an. Pour Mayotte, l'impact est encore plus important sur les pluies, moindre sur les températures.

En Nouvelle-Calédonie, le risque de sécheresse est accru en période El Niño, avec des températures minimales anormalement basses. L'activité cyclonique est plus étendue sur la zone, avec des phénomènes potentiellement plus intenses, compte tenu de l'anomalie thermique plus élevée de l'océan, et une durée de la saison plus longue. Du côté de Wallis-et-Futuna, El Niño n'a pas ou peu d'impact significatif sur les précipitations et les températures.

En moyenne, les épisodes El Niño augmentent les cumuls de pluies sur l'archipel des Marquises (où les pluies fortes et extrêmes sont plus fréquentes et intenses) et les diminuent sur les Australes, avec toutefois des formations de cyclones plus fréquentes sur tout le bassin. Alors qu'un temps moins chaud s'installe aux Australes, El Niño augmente les températures ressenties sur les archipels des Marquises et de la Société.

Référence de l'article :

Météo-France. El Niño : quels impacts sur les territoires d'outre-mer ?