Un risque d'incendies "particulièrement graves" dans les prochains mois : quelles prévisions en France ?
Les forêts vont-elles s'enflammer comme jamais cet été en France ? Selon des chercheurs de l'Imperial College de Londres, les incendies s'annoncent en tout cas à un niveau "particulièrement grave" dans le monde cette année. Pourquoi ?

Entre réchauffement climatique d'origine humaine et phénomène El Niño en vue, les incendies s'annoncent à un niveau "particulièrement grave" dans le monde cette année, d'après certains chercheurs, après avoir déjà atteint un record en début d'année 2026. Quelles sont les prévisions pour la France ? Nos forêts risquent-elles de brûler cet été ?
Un "coup de fouet" climatique
D'après Theodore Keeping, de l'Imperial College de Londres, la saison des incendies "a commencé très fort" cette année dans le monde, avec "50% de surfaces brûlées de plus que la moyenne pour cette période". Ces propos tenus lors d'une présentation à des journalistes et rapportés par nos confrères de l'AFP sont évidemment pessimistes et alarmistes.
"Whilst in many parts of the world the global fire season has yet to heat up, this rapid start, in combination with the forecast El Nino, means that we're looking at a particularly severe year materialising."
— Keith McNeill (@KeithMcNeill6) May 12, 2026
Theodore Keeping, Imperial College Londonhttps://t.co/ltVyXUxAix
Logique, quand on apprend que la surface brûlée est déjà "20% plus élevée que le précédent record établi depuis le début de la surveillance mondiale en 2012", selon le chercheur, qui s'attend à une "année particulièrement grave". En date du 6 mai 2026, 163 millions d'hectares de forêts ont déjà brûlé sur la planète, selon les données du Système d'information mondial sur les incendies (GWIS), contre 110 millions d'hectares en moyenne à cette date sur la période 2012-2025.
Dans l'Ouest de l'Afrique et au Sahel, la tendance est particulièrement marquée, avec des niveaux records, notamment en raison du phénomène de "coup de fouet climatique", qui favorise les feux de savane. Il s'agit d'une alternance de fortes pluies, qui maximisent la pousse de la végétation, avec des périodes de sécheresse, plus propices au déclenchement d'incendies.
La France aussi menacée cet été ?
Les chercheurs mettent aussi en garde contre le retour attendu du puissant phénomène naturel El Ni ño, au pouvoir naturel réchauffant. Il est de plus en plus probable qu'il débute d'ici au mois de juillet, avec, si un puissant El Ni ño s'annonce, une probabilité peut-être très élevée d'"incendies extrêmes et dangereux", selon Theodore Keeping.
#Prévention Prévenir les incendies, préserver les espaces pastoraux, former les militaires et les pompiers à la maîtrise du feu : tels sont les objectifs des chantiers de brûlage dirigé.
— Préfet des Pyrénées-Orientales (@Prefet66) March 20, 2026
Technique ancestrale daménagement du territoire, le brûlage dirigé consiste à pic.twitter.com/TTovhxYMH6
Si les zones les plus menacées par des conditions sèches et à risque semblent être l'Australie, le Nord-Ouest des États-Unis et du Canada et la jungle amazonienne, la France pourrait ne pas être à l'écart de ces potentiels incendies dévastateurs dans les prochains mois.
Notre pays a en effet connu d'importants contrastes climatiques depuis le début du mois d'avril, entre temps exceptionnellement sec et doux, et grande fraîcheur et humidité depuis le début du mois de mai. La végétation est prête à exploser et à pousser fortement en cas de temps sec et chaud sur le pays, ce qui est probable à partir de mercredi prochain, 20 mai.
Des incendies de forêt s'étaient déjà produits en avril dans la Sarthe, en Savoie, en Lozère et dans le Morvan : il va falloir particulièrement surveiller la situation ces prochaines semaines ainsi que cet été. Nos voisins s'engagent déjà dans des politiques de prévention très imposantes : au Portugal, tronçonneuses et pelleteuses s'affairent à déblayer les chemins obstrués d'arbres arrachés par les tempêtes hivernales, pour éviter tout départ de feu cet été.