Mers Cantabrique et Méditerranée : des anomalies thermiques exceptionnelles jusqu’à +6 °C en quelques jours !

Dans les prochains jours, les anomalies thermiques de surface des mers Cantabrique et Méditerranée pourraient atteindre des niveaux exceptionnellement élevés pour la saison, avec des valeurs dignes du plein été.

L’Espagne traverse actuellement un épisode de chaleur exceptionnellement précoce pour la saison, avec plusieurs provinces comme Séville, Cordoue et Badajoz atteignant ou dépassant les 37 °C ces derniers jours. La ville d’Oviedo, dans les Asturies, continue elle aussi de battre des records avec sa première nuit tropicale jamais observée en mai depuis le début des relevés, la température minimale ayant atteint 20,2 °C à 6 h le 25 mai.

Un autre phénomène particulièrement marquant, et pourtant peu évoqué, concerne les mers qui entourent la péninsule Ibérique. Des températures exceptionnellement élevées pour la saison sont relevées à la surface de la mer Cantabrique et de la Méditerranée. Sous l’effet du dôme de chaleur quasiment stationnaire au-dessus du sud-ouest de l’Europe, l’eau se réchauffe très rapidement ces derniers jours.

La mer Cantabrique et la Méditerranée affichent des anomalies très importantes

Au cours de la journée d’hier, certaines bouées réparties dans les eaux proches de l’Espagne relevaient déjà des températures remarquablement élevées pour la période de l’année. C’est notamment le cas de celle de Dragonera, à Majorque, qui a enregistré une température maximale de 23,95 °C, illustrant clairement l’ampleur de cet épisode de chaleur digne du cœur de l’été.

Carte des anomalies thermiques prévue par l’ECMWF samedi prochain à 14 h sur le sud-ouest de l’Europe.
Carte des anomalies thermiques prévue par l’ECMWF samedi prochain à 14 h sur le sud-ouest de l’Europe.

Le modèle européen prévoit déjà aujourd’hui des anomalies positives atteignant jusqu’à +5 °C au nord de la mer des Baléares, avec des températures dans le golfe du Lion pouvant localement grimper jusqu’à +6 °C au-dessus des normales. Dès demain, ces anomalies devraient s’étendre plus largement à l’ensemble de la Méditerranée et de la mer Cantabrique, avec une intensité particulièrement marquée sur cette dernière.

Jeudi et vendredi, le cœur de cet épisode devrait surtout concerner les eaux cantabriques et le golfe de Gascogne, où les anomalies pourraient localement approcher les +6 °C. Puis, à l’approche du week-end, la Méditerranée occidentale devrait à son tour devenir la zone la plus concernée, avec une extension des valeurs anormalement élevées à d’autres secteurs et des anomalies généralement comprises entre +4 et +6 °C au-dessus des normales.

Des valeurs plus typiques de la fin juillet que de la fin mai

En analysant en détail les températures prévues ces prochains jours en mer Cantabrique et en Méditerranée, à partir des données de référence 1982-2018 du SOCIB, on constate que ces valeurs correspondent davantage à celles habituellement observées à la fin du mois de juillet. Une situation particulièrement remarquable alors que le mois de mai n’est même pas encore terminé.

La mer Méditerranée pourrait terminer la semaine avec des températures de surface atteignant jusqu’à 25 °C, et jusqu’à 20 °C en mer Cantabrique.
La mer Méditerranée pourrait terminer la semaine avec des températures de surface atteignant jusqu’à 25 °C, et jusqu’à 20 °C en mer Cantabrique.

Selon cette même source, la mer des Baléares vient d’entrer de nouveau dans une situation de vague de chaleur marine — après un premier épisode survenu entre fin avril et le début du mois. D’après le SOCIB, ce phénomène n’est caractérisé que lorsque les températures moyennes quotidiennes de surface de la mer figurent parmi les 10 % des valeurs les plus élevées de toute la série climatologique, ce qui illustre bien le caractère exceptionnel de cet épisode.

Même si de nombreuses personnes pourront profiter d’une baignade agréable sur de nombreuses plages du pays, il faut souligner qu’une mer chaude affaiblit fortement les brises marines, réduisant ainsi leur effet rafraîchissant. Cela augmente encore le risque de nuits tropicales sur les zones côtières, sans compter les conséquences importantes que cette situation entraîne pour l’écosystème marin.