Feuilles mortes : faut-il vraiment toutes les ramasser dans son jardin ?

Les feuilles mortes ne se ramassent pas, forcément, à la pelle ! Bien plus qu'un symbole de l'automne, elles jouent un rôle crucial pour les écosystèmes.

Peu de gens le savent, mais il est déconseillé de retirer les feuilles mortes lorsque l’on souhaite maintenir le sol vivant.
Peu de gens le savent, mais il est déconseillé de retirer les feuilles mortes lorsque l’on souhaite maintenir le sol vivant.

Rangez les râteaux et autres souffleurs, le tapis végétal tissé par les feuilles mortes n’a rien d’inutile, bien au contraire. Si votre jardin se trouve recouvert de ce feuillage doré, sachez qu'il est l'allié de vos sols.

Car contrairement à la vieille idée reçue que l'on se fait des feuilles mortes, elles ne sont pas des déchets, mais plutôt des éléments organiques. « Elles sont indispensables à la formation de la litière, elle-même nécessaire à la bonne santé du sol », explique la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).

Sous les feuilles mortes, un écosystème miniature

Le feuillage, qui donne ses couleurs à l'automne, est un véritable carburant pour les écosystèmes. Il permet de nourrir le sol et d'abriter une biodiversité riche et diverse qui foisonne et participe au cycle du carbone. Avec la décomposition des feuilles, le sol récupère les nutriments nécessaire à la croissance des plantes notamment.

Les champignons poussent grâce à un sol riche et humide préservé par la couverture de feuilles mortes.
Les champignons poussent grâce à un sol riche et humide préservé par la couverture de feuilles mortes.

L'humus, réservoir de matière organique et de carbone, découle aussi de la présence des feuilles mortes. La décomposition de ces dernières dépend du climat, du type de sol et des essences présentes. Les feuillus, comme le chêne ou le châtaignier, offrent une litière plus facilement décomposable que celle des résineux, comme le sapin ou le cèdre.

Un maillon essentiel du cycle naturel

Les champignons, les bactéries et les petits animaux participent aussi à leur décomposition. Et si ces organismes aident les feuilles à se décomposer, elles leur rendent service à leur tour. Elles servent de refuge à une faune discrète mais abondante, formée de nombreux invertébrés et organismes du sol.

On y trouve des acariens, des collemboles, des vers de terre, des champignons et des bactéries. Ensemble, ils œuvrent à maintenir la fertilité des sols et la stabilité des écosystèmes. « Sans eux, la nature perdrait l’un de ses moteurs invisibles », souligne l'IMBE, l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale.

Alors faut-il laisser toutes les feuilles au jardin ?

L'idée est de privilégier les feuilles tombées sur l'herbe, au pied des massifs, des haies et dans les zones naturelles. Dégagez les allées et les surfaces glissantes pour éviter tout accident et gardez les feuilles mortes pour les recycler en « déchets verts. »

Le paillage nourrit les plantes et améliore le sol en augmentant le taux d’humus, la terre devient plus souple, plus aérée, plus facile à travailler.
Le paillage nourrit les plantes et améliore le sol en augmentant le taux d’humus, la terre devient plus souple, plus aérée, plus facile à travailler.

Vous pouvez en effet soutenir la nutrition et la protection des sols, surtout à l'approche de l'hiver et du gel, en formant du paillage car les sols couverts restent fertiles et humides plus longtemps.

L'idéal ? Au pied des arbustes, sous les haies, entre les rangs du potager, aux pieds des rosiers et des massifs floraux, dans les jardinières et les plantes en pot. La feuille morte n'a pas dit son dernier mot !

Références de l'article

LPO. (10/2024). En automne, ne ramassez pas les feuilles mortes !.
ADEME. (10/2025). Comment faire du paillage ?.
IMBE. (2024). Les feuilles mortes, piliers discrets de la vie des sols.