« Faux printemps » en France : les températures très douces de février perturbent-elles la nature ?
Les températures printanières du mois de février ont quelque peu perturbé le cycle saisonnier de certaines fleurs, comme la jonquille, qui ont commencé à fleurir en avance. Mais ces fleurs pourraient souffrir en cas de nouveau coup de froid !

Jonquilles et narcisses pointent déjà le bout de leur nez, bien en avance cette année ! Les températures douces et printanières du mois de février ont déclenché un signal de changement de saison pour ces fleurs dont la floraison annonce généralement le début du printemps.
Rencontrée par le quotidien Ouest-France, Bénédicte Wenden, scientifique de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), se souvient : « Étant enfant, leur floraison était un marqueur des vacances de Pâques. Cette année, elles fleurissent alors que nous ne sommes qu’aux vacances d’hiver. »
Des températures record pour un mois de février
Les écarts avec les températures moyennes ont été « tout à fait exceptionnels » selon la chercheuse de l'Inrae. Des records ont pu être observés un peu partout, notamment dans le Calvados (23,2 °C), en Ille-et-Vilaine (20,1 °C) ou dans les Pyrénées-Atlantiques (29,5 °C).
Première fleur à éclore au printemps, la jonquille symbolise l'espoir...#unejonquillecontrelecancer pic.twitter.com/nSAsTGct1r
— Jardin du Luxembourg (@JardinLuco) March 1, 2026
« C’est ce qu’on appelle un faux printemps, avec une montée des températures très tôt dans l’hiver. Il a fait très froid en janvier, suivi d’une montée des températures soudaine. Les plantes y reconnaissent un changement de saison », explique la scientifique. La floraison des plantes a donc démarré, comme c'est le cas des amandiers en Alsace où les températures ont franchi la barre des 20 °C.
Une floraison anticipée à risque et marqueur de dérèglement climatique
Cette arrivée en avance de certaines fleurs n'est pas forcément une bonne nouvelle. « Durant la période de dormance hivernale, les plantes se protègent. Mais à partir du moment où les fleurs et les feuilles commencent à sortir, elles risquent d’être endommagées en cas de gel. »
En 2020 et 2021, de nombreuses pousses avaient subit le retour du gel en avril occasionnant des pertes dans la production de fruits, grande crainte des arboriculteurs.
Si les douces températures mettent du baume au cœur, elles restent un marqueur alarmant du dérèglement climatique. Ces dernières années, les chiffres scientifiques ont démontré que le climat est bouleversé : de moins en moins de chutes de neige, des crues plus fréquentes et des floraisons perturbées.
Références de l'article :
Ouest-France, Les jonquilles sont déjà fleuries : le « faux printemps » perturbe-t-il la nature ?
DNA, Les amandiers en fleurs à Mittelwihr, record de douceur à Mulhouse et Strasbourg