Après les incendies, faut-il laisser la forêt de Fontainebleau renaître naturellement ?

Après les 2 000 hectares brûlés à Fontainebleau en juillet, l’UICN formule 17 recommandations pour restaurer la forêt et mieux la protéger des prochains incendies.

Durant l’été 2026, plus de 2000 hectares ont été incendiés dans le Massif de Fontainebleau.
Durant l’été 2026, plus de 2000 hectares ont été incendiés dans le Massif de Fontainebleau.

Des milliers d’hectares partis en fumée, des arbres fragilisés et des écosystèmes bouleversés : l’incendie de juillet 2026 a marqué la forêt de Fontainebleau. Mais viens maintenant le temps des questions : comment aider le massif à se reconstruire sans compromettre sa biodiversité ?

Dans un document publié le 8 octobre dernier, le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) propose 17 recommandations pour restaurer la forêt et renforcer sa résistance face aux incendies à venir.

Fontainebleau après les flammes : une forêt sous pression

Plus de 2 000 hectares, sur les 22 000 que représente la surface totale du massif de Fontainebleau, ont été touchés par les incendies avec la forêt des Trois-Pignons la plus dévastée. Aujourd'hui, 10% de la zone touchée reste aujourd’hui fermée au public.

Les dégâts ne se limitent pas aux arbres : les insectes, les petits mammifères, les amphibiens, les sols et certaines plantes rares ont aussi être affectés, et les conséquences écologiques ne sont pas immédiatement mesurables.

Mettre en place un dispositif performant pour le sauvetage des animaux blessés par le feu fait partie des propositions de l'UICN.
Mettre en place un dispositif performant pour le sauvetage des animaux blessés par le feu fait partie des propositions de l'UICN.

Certains arbres, en apparence sauvés à temps, ont vu leurs racines consumées pendant plusieurs jours rendant difficile voire impossible leur implantation et leur nutrition.

Et en plus des incendies qui étaient d'origine criminelle, certains facteurs viennent aggraver la situation comme le dérèglement climatique, la présence de pins sylvestres (peu résilients face aux feux), l'urbanisation et des moyens insuffisants de prévention et de lutte.

Faut-il replanter ou laisser la forêt se régénérer naturellement ?

La recommandation majeure de l’UICN : privilégier la régénération naturelle lorsque les conditions le permettent. La végétation est capable de repartir grâce aux graines présentes dans le sol, à celles transportées par le vent ou les animaux, ainsi qu’aux rejets de souche.

Il est donc important d'éviter les interventions systématiques et de plutôt « préserver les sols, observer les milieux et déterminer les besoins secteur par secteur. » L'autre grande ligne est de faire évoluer la composition forestière, notamment en limitant drastiquement la place du Pin sylvestre.

La présence importante du Pin sylvestre dans certains secteurs du massif constitue un des facteurs majeurs à prendre en compte dans l’analyse du comportement des incendies.
La présence importante du Pin sylvestre dans certains secteurs du massif constitue un des facteurs majeurs à prendre en compte dans l’analyse du comportement des incendies.

Selon l'ONF, certaines parcelles pourront se régénérer seules, tandis que d’autres nécessiteront un accompagnement.

Préparer la forêt aux prochains incendies

Face au risque incendie, restaurer la forêt ne suffit pas. Il faut aussi limiter le risque de nouveaux départs de feu et comprendre comment réduire leur impact. L'UICN suggère d'améliorer la prévention et la surveillance, d'adapter la fréquentation du public lors des périodes à risque et de renforcer les moyens des équipes chargées de la forêt et des secours.

Parmi les recommandations, on trouve aussi la nécessité de mieux étudier les conséquences sur les milieux humides, de mettre en place un dispositif performant pour le sauvetage des animaux blessés par le feu et de préserver les habitats remarquables.

Référence de l'article

Comité français de l’UICN. (08/10/2026). Après les feux de juillet 2026 à Fontainebleau : quel avenir pour le massif forestier ?.