Découvrez les 8 plus belles constructions en bois de l'année en France
Maison d'architecte, complexe sportif, logements sociaux… Le Prix National de la Construction Bois a distingué les 8 réalisations les plus remarquables de l'année 2026.

Le Prix National de la Construction Bois (PNBC) vient tout juste de remettre ses trophées. Depuis quinze ans, ce prix récompense chaque année les réalisations en bois les plus remarquables du territoire français pour leur éco-responsabilité. Durant trois mois, les jurys de chaque région, composés d'entreprises, chercheurs, constructeurs et architectes, ont examiné les 670 candidatures reçues pour établir leur palmarès.
« J’ai été frappé par une tendance qui traverse de nombreux projets : un retour au bon sens constructif et à une relation plus simple, plus directe avec le matériau, souligne Thomas Leblanc, président du jury et associé de l'agence 360° Architecture, lauréate 2025 pour le Groupe Scolaire Rosa Bonheur, en région parisienne. Bois locaux, essences adaptées aux territoires, matériaux peu transformés et vérité constructive, recours aux savoir-faire et aux filières de proximité, complémentarité entre la structure bois et les matériaux bio & géo sourcés : autant de démarches qui interrogent et nourrissent l’acte de construire. »
Complexe sportif de Parçay-Meslay (Centre-Val-de-Loire)
Bois, paille et chaux sont les composants essentiels de ce nouveau complexe sportif, inséré dans son environnement de manière respectueuse et doté d'une isolation durable. L’assemblage de ces trois éléments ancre le bâtiment dans un caractère terrien propre à ce site agricole. Ces matériaux frugaux et traditionnels et à l’empreinte carbone faible assurent une enveloppe performante pour une architecture bioclimatique raisonnée.
Signé d'OYAPOCK architectes, ce projet sobre répond au triple besoin de la commune : une salle de tennis, une salle de judo et une salle de tennis de table, réunis au sein d'un même lieu. « Outre son aspect chaleureux qui donne naturellement envie d’en prendre soin, le bois apporte un confort acoustique associé à l’utilisation de matériaux absorbants, précise OYAPOCK. Il permet avec la paille une isolation thermique efficace et un bon déphasage pour le confort d’été. »
« La simplicité dans le dessin du bâtiment ainsi que son intégration dans le paysage nous ont séduit, souligne le jury. La gestion des ambiances lumineuses selon les usages du site est remarquable. »
Pavillon d'accueil du Lac de Fontclaire (Occitanie)
Le projet du Pavillon du Lac de Fontclaire constitue le premier jalon de la recomposition et de la renaturation de la base de loisirs de la commune de Puivert. Les installations hors d’âge, jusqu’alors dispersées sur le site, sont rassemblées dans un édifice unique, en bois, étiré pour recomposer la rive du lac. Cette démarche de regroupement répond à un double enjeu : offrir aux usagers un équipement fonctionnel et cohérent, tout en libérant les rives du lac d’un mitage de petites constructions disparates accumulées au fil des décennies.
Le nouveau pavillon de BVA architectes permet de répondre aux deux enjeux à la fois, à travers une structure fonctionnelle et légère, s'effaçant élégamment pour garder la vue sur le patrimoine du village, en retrait du lac : château cathare, chapelle, clocher de l’église et piémont pyrénéen audois, dans la lumière singulière propre aux lacs de montagne. Il propose, ainsi, une installation moderne aux baigneurs, en plus d'une structure ombragée. Le choix des matériaux est exemplaire : un bois 100 % local, mis à disposition par la commune et découpé à 14 km du lac.
« Minimaliste et sobre, le bâtiment emploie le matériau bois avec justesse et s’intègre remarquablement dans son environnement naturel, salue le jury. Le projet valorise pleinement la ressource locale. »
Ensemble mixte de la rue des Poissonniers (Paris)
Au cœur du 18ᵉ arrondissement, six niveaux de bureaux et de logements étudiants sont posés sur une dalle des années 1970. Plutôt que de reconstruire un nouvel édifice, les architectes de l'agence ChartierDalix ont choisi de revaloriser l'existant, complété de quatre nouveaux niveaux en bois. L'avantage ? Une emprise environnementale limitée et une esthétique soignée grâce à la capacité du bois à alléger considérablement les charges apportées sur une structure ancienne.

« Au-delà de ces aspects techniques et environnementaux, le bois porte aussi une dimension plus sensible, presque optimiste : il démontre qu’il est encore possible de construire de manière décarbonée tout en offrant des conditions de confort et une qualité esthétique supérieures à ce qui se faisait auparavant », précisent les architectes. Et le jury d'abonder : « Ce projet montre parfaitement la possibilité de faire de la réhabilitation de grande ampleur. Le bois se décline de la façade au mobilier. »
Logements sociaux Démé’Terre à Chavagne (Bretagne)
L’ensemble, composé de 18 logements, dessine une figure simple et habitée : une couronne bâtie qui protège un jardin commun et fabrique un cœur partagé. Le projet porté par Anthracite Architecture croise deux archétypes, la longère bretonne et le tulou, une architecture traditionnelle chinoise, pour concilier densité et intimité. Ce rapprochement entre deux traditions constructives éloignées géographiquement mais proches dans leur logique (organiser l’habitat collectif autour d’un espace commun protégé) donne à l’ensemble une identité singulière, à la fois ancrée localement et ouverte sur d’autres cultures constructives.
La sobriété matérielle est, là encore, au rendez-vous : terre crue, bois, béton sablé et zinc, privilégiés pour leur complémentarité, garantissent une sobriété énergétique et une isolation optimales. Plusieurs essences (chêne, épicéa) ont été choisies par les architectes pour leurs qualités respectives.
« Le projet est remarquable pour sa réplicabilité, applaudit le jury. Il montre dans son entièreté un modèle désirable, entre espaces individuels et espaces de vie en commun. »
Maison Atom Earth Mother à Morlaix (Bretagne)
Cette maison d'architecte, imaginée par l'Atelier du ralliement, s'inspire des granges agricoles bretonnes, où le grenier forme un espace utile et adaptable au-dessus des lieux de vie. Cette filiation avec l’architecture rurale bretonne ne relève pas de la citation formelle : elle traduit une même logique d’économie de moyens et d’adaptation au climat, où chaque volume répond à un usage précis sans superflu.
La maison s'articule autour de trois espaces définis d'après les usages saisonniers : un espace intérieur de vie de plain-pied, un jardin d’hiver sur deux niveaux pour des usages variés et une loggia extérieure. La paille, la végétation et la terre crue y assurent une isolation optimisée été comme hiver, dans une approche bioclimatique.
« Malgré une petite surface d’habitabilité, le défi est relevé brillamment, reconnaît le jury de PNBC. En plus de son élégant dessin, nous apprécions également les trois ambiances climatiques. »
Résidence sociale du XVIIe arrondissement (Paris)
Au 29 rue Nollet, dans le 17ᵉ arrondissement, un parking des années 1930 est transformé en résidence sociale de 83 logements, sans démolition lourde, surélévation ni extension. Une partie du bâtiment est déconstruite pour créer une cour en cœur d’îlot, apportant lumière et qualité d’usage à des logements tous orientés est/ouest. « Le bois est vecteur d’une meilleure qualité environnementale pour l’ensemble du bâtiment grâce à 3 leviers : la structure existante conservée ; le stockage biogénique du bois mis en œuvre ; et l’isolation en laine de bois », relève NZI Architectes.
« Ce projet représente un sujet qui peut inspirer la reprise d’un délaissé urbain, ici un parking, pour le transformer, relève le jury. Il montre aussi un vrai atout de la mixité bois-métal-béton, qui s’ouvre désormais sur la ville. »
Buron de Peyrelade à Fontanges (Auvergne)
Les burons, ces habitats d’estive typiques du Cantal, conjuguent traditionnellement pierre et bois pour répondre aux exigences du climat d’altitude. Bâtiments historiquement liés à la production fromagère et au pastoralisme, ils constituent un patrimoine architectural fragile, aujourd’hui menacé par l’abandon progressif des pratiques agropastorales qui les ont fait naître.

Pour assurer leur sauvegarde, l'Atelier Camino a appréhendé une réhabilitation combinant respect du bâti d'origine, confort et versatilité. La charpente a ainsi été reproduite à l'identique, accueillant une ossature secondaire en bois (plancher, cloisons, mobilier intégré), évolutive dans le futur selon les usages. « L’emploi du bois permet de décliner son utilisation en plusieurs facettes, structurel, mobilier, plancher, tout en intégrant la dimension esthétique et qui contraste avec la masse minérale du rez-de-chaussée », précisent les architectes.
Le jury salue ce « projet d’une belle finesse qui valorise le bâtiment ». « Le travail du charpentier menuisier est remarquable, soulignent les membres du PNBC. C’est un exemple qui porte à la fois la simplicité de l’intervention et la reproductibilité pour ce petit patrimoine. »
Passerelle du Foron à Taninges (Rhône-Alpes)
Au cœur de la Haute-Savoie, dans la commune de Taninges, une passerelle métallique permettait autrefois de franchir le Foron pour relier la mairie, le collège et la maison des associations. Devenue vétuste et dangereuse, elle a été remplacée par un ouvrage entièrement piéton, couvert et réalisé en bois. « Une ressource locale qui revêt de multiples avantages, estime l'architecte Simon Cloutier. Elle est esthétique, elle privilégie le circuit court, elle permet d’envisager des solutions techniques innovantes » - parmi lesquelles une ligne courbe permettant l'évacuation naturelle des eaux pluviales.
« L’ouvrage traduit une intelligence constructive dans l’utilisation de bois local, approuve le jury du PNCB. C’est un petit ouvrage qui illustre parfaitement l’utilisation du bon matériau au bon endroit. Il crée du lien social entre les équipements de la ville. »