Avec les beaux jours, le retour du pique-nique !
Les premiers week-ends doux et ensoleillés sonnent l'inévitable retour du pique-nique. Mais quelle est son origine et pourquoi aimons-nous tant ce rituel en plein air ?

A chaque printemps, la même scène se rejoue : des petits groupes se forment sur les plages, dans les parcs, sur les bancs publics ou sur l’herbe. Ils sortent de leurs sacs des sandwichs emballés, des salades faites maison ou achetées en dernière minute au coin snack du supermarché, ou carrément la glaciaire ou le panier pour les plus chics avec assiettes, couverts, nappe et serviettes en papier, quelques terrines, un bon pâté de campagne, des chips, du saucisson - le tout accompagné d'une quille de vin, de la bière ou plus sobrement de l'eau fraîche.
Le pique-nique fait partie de ces rituels simples et conviviaux qui font du bien. On se retrouve entre amis pour discuter au soleil, partager de bonnes choses et profiter ensemble d'un endroit agréable. L’origine du mot « pique-nique » remonterait au XVIIe siècle : il est inspiré du verbe “piquer” par allusion aux poules qui picorent des graines et de “nique” qui signifiait en ancien français “une chose sans valeur”. Ces deux mots assemblés indiquent donc “picorer des petites choses par-ci par-là”.

Comme l’explique Julia Csergo, professeure associée à l’Université du Québec à Montréal, interrogée par SoSoir, « le terme pique-nique désignait alors un repas dont les frais étaient partagés et où chacun payait son écot ». En résumé, « on mangeait dans la même assiette, mais chacun avait réglé sa part du repas ».
Une pratique partagée par toutes les classes sociales
La pratique du repas en plein air ou du déjeuner sur l’herbe existait dans toutes les classes sociales. A la campagne, aux beaux jours, les paysans mangeaient dans les champs, accompagnés de leurs troupeaux. Chez les nobles, les parties de chasse donnaient lieu à des déjeuners en plein air. L'aristocratie a d’ailleurs énormément popularisé cette activité, en organisant par la suite des repas champêtres où chacun apportait sa contribution. Louis XIV adorait cette pratique, se déplaçant quasiment toujours avec de la viande, des pâtisseries ou des fruits.
L’âge d’or du pique-nique se fera un peu plus tard, au XIXe siècle, notamment lors des fêtes républicaines, où l’on profitait des grands jardins royaux, interdits auparavant au peuple, pour y organiser des repas sur l’herbe.
Un rituel immuable associé aux beaux jours
La gastronomie n’a cessé d’évoluer au fil des siècles, avec de nouvelles manières de consommer et de cuisiner, mais le pique-nique a finalement connu peu de changements. Il se pratique toujours dans un espace entouré de verdure ou en bord de mer et il concerne toutes les catégories sociales. « Le pique-nique est commun à tout le monde, que l’on soit riche, avec peu de moyens, en ville ou à la campagne, souligne Julia Csergo. Et puis il y a toujours quelque chose lié à la légèreté, à la détente, au loisir, ainsi qu’à un jour de repos, une pause. »
Autrement dit, le pique-nique est du bon temps passé dans un environnement extérieur agréable. Et sans contraintes, si ce n'est celles que nous impose la nature – d'où l'importance de bien choisir le lieu et le jour en fonction des conditions météorologiques !
Référence
Pourquoi aime-t-on autant les pique-niques ? L’histoire et les secrets d’un rituel universel, Audrey Morard, le 30 mars 2026