Sécheresse : les vestiges de villages engloutis ressurgissent face à la baisse exceptionnelle de certains lacs
Surprise dans la Creuse et la Haute-Loire : des lacs au niveau particulièrement bas après un fort épisode de sécheresse laissent réapparaître les ruines de villages engloutis.

C'est un lac de Vassivière méconnaissable que les habitants découvrent cet été. Depuis la saison estivale, le lac a baissé de plus de 6 mètres, un niveau exceptionnellement bas. Les berges reculent, des zones de vase apparaissent, mais pas seulement !
Un paysage métamorphosé par la baisse des eaux
La baisse du niveau du lac, qui s'explique par la sécheresse mais aussi par les prélèvements d’eau qui soutiennent le débit de la Vienne, a révélé au grand jours les ruines de hameaux presque oubliés.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, huit hameaux de Vassivière dans le Limousin sont recouverts par les eaux. Le but ? Permettre la construction d’un barrage hydroélectrique. Même histoire à Lavalette en Haute-Loire où des fermes sont englouties en 1944.
Aujourd'hui, ces ruines revoient le jour. D'habitude très prisé pour ses plages et ses activités nautiques, le site du lac de Vassivière dévoile désormais de larges étendues de sable. Le niveau est si bas que la navigation est désormais interdite.
Des villages engloutis qui refont surface
Parmi les villages disparus se trouvent Villecros. Avec la baisse spectaculaire du lac, les vestiges réapparaissent : les caves voûtées, les murs de pierre, une ancienne porcherie, un abreuvoir et le pont qui enjambait autrefois un ruisseau.

On devine également des fondations de maisons dans l’ancien village de Nergout, qui fait face aux habitations perchées de l’actuel village. Les souches d’arbres coupés à l'époque se révèlent à leur tour par dizaines.
En Haute-Loire, des villages fantômes refont aussi surface, 80 ans après avoir disparu sous les eaux alors que le barrage de Lavalette est tombé à 30 % de ses capacités, en partie à cause de la sécheresse.

« On est aujourd’hui à presque moins 20 mètres, pointe Thierry Dufaud, moniteur de canoë à la base de loisirs de Lavalette, interrogé par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. C’est déjà très bas. Ça permet d’observer plusieurs choses, comme les ruines. »
Un spectacle impressionnant révélateur d'une situation préoccupante
Jamais encore le niveau de l'eau n'avait été aussi bas aussi tôt dans la saison. En 2018, le niveau était déjà descendu très bas, jusqu’à 641,30 mètres or il s'agissait du 27 novembre, près de deux mois plus tard dans la saison. Cette année, la cote des 642 mètres est atteinte dès la fin septembre avec peu d'espoir de voir la tendance s'inverser par manque de pluie.
Le tourisme est également largement touché avec des activités nautiques à l'arrêt. Alors que la sécheresse fait réapparaître un patrimoine oublié, ces événements témoignent aussi de l'impact du réchauffement climatique et de la fragilité actuelle du territoire.
Références de l'article
Le Parisien (27/09/2026), « C’est incroyable de voir ces murs intacts » : un village englouti ressurgit du lac de Vassivière vidé par la sécheresse
France 3 Nouvelle-Aquitaine (12/09/2026), “J’ai l’impression que ça commence à être le désert”. Le lac de Vassivière face à une baisse exceptionnelle de son niveau
France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (30/09/2026), Victime de la sécheresse, ce lac de Haute-Loire fait ressurgir les ruines d'un village englouti