Faire revivre les espèces animales disparues, une quête scientifique qui divise

Depuis le 17e siècle, le monde scientifique cherche à faire renaître des espèces animales disparues. Si la prouesse est réelle, le résultat n’est pas toujours au rendez-vous. Sans compter qu’une véritable question éthique se pose.

Pourrait-on vivre avec les dinosaures ?
Pourrait-on vivre avec les dinosaures ?

Renaissance animale. Les scientifiques s’intéressent de très près à ce sujet, que l’on appelle la désextinction. Il s’agit, comme son nom l’indique, de ramener des espèces animales éteintes à la vie. Cela semble impossible et pourtant, des experts tentent de braver cet “impossible”. En Australie, par exemple, cela fait plus de dix ans que les chercheurs veulent réintégrer des espèces indigènes, notamment des marsupiaux.

Pourrait-on envisager le retour des dinosaures ?

De nombreuses espèces sont sur la liste. Parmi elles, le mammouth, le dodo de Maurice ou encore, le tigre de Tasmanie… Autant d’animaux disparus depuis des décennies ou même des siècles. Une quête scientifique qui ne date pas d’hier puisqu’en réalité, l’idée était déjà présente chez certains biologistes, au 17e siècle. Une idée qui avait donc fermé chez des hauts dignitaires nazis.

La désextinction pose une question d’éthique évidente pour certains scientifiques

Ce sont, en effet, les frères Heck qui ont tenté de réintégrer l’auroch, l’ancêtre de la vache, grâce à la technique de la rétro-ingénierie. Un résultat en demi-teinte, puisque l’animal n’était qu’un croisement entre des bovins parents. Mais aujourd’hui, d’autres techniques sont utilisées. La génétique, la reproduction croisée ou encore, le clonage, sont autant de moyens mis à la disposition des chercheurs.

Mais peut-on réellement parler de “désextinction” ? Pour le chercheur Nadir Alvarez, cette appellation est trompeuse.

Dans le cas du loup sinistre, ce n'est qu'un OGM de loup gris avec un certain nombre de modifications ponctuelles. Certes, c'est une prouesse technique, mais n'appelons pas ça une désextinction [...] On arrive au mieux à une sorte de chimère: un animal vivant dont le génome a été légèrement modifié pour ressembler à une espèce disparue
Non, le mammouth n'est pas l'ancêtre de l'éléphant, mais son cousin
Non, le mammouth n'est pas l'ancêtre de l'éléphant, mais son cousin

En d’autres termes, l’animal d’origine ne peut pas être recréer à 100 %. Il ne s’agirait que d’une copie. Et non, la biodiversité ne va pas être miraculeusement sauvée grâce à une prétendue renaissance des espèces disparues. En réalité, certains scientifiques aimeraient voir les efforts concentrés sur le fait de conserver les espèces qui existent toujours au lieu de vouloir faire renaître celles qui ont disparu.

Enfin, une autre question se pose dès lors que l’on envisage clonage et résurrection de certaines espèces animales. La question éthique ? Où se situent les limites de la science ? Quels sont les risques liés à de telles expériences ? Le principal pourrait être lié à la difficulté de l’animal à se réapproprier l’espace, le monde nouveau dans lequel il est implanté, en prenant en compte tous les changements qui existent.

La tortue des Galapagos pourrait-elle subir le même sort ?
La tortue des Galapagos pourrait-elle subir le même sort ?

Nouvelles espèces, nouveaux prédateurs, nouvelles proies… C’est une nouvelle vie qui attend un animal qui a vécu il y a des décennies, voire des millénaires. Le problème, c’est que si cette espèce pouvait être totalement apte à évoluer dans son ancien milieu, elle peut ne pas être capable de s’adapter à ce nouvel environnement. Est-ce alors nécessaire de pousser la recherche au risque de constater une deuxième extinction ? Et si c’est le cas, peut-on parler de cruauté animale ?

Référence de l'article

Hannah Nordhaus. (2026). Quand l'espoir renaît : la résurrection des tortues des Galápagos.