Le réchauffement climatique force les agriculteurs à repenser leur métier

De plus en plus de Français se montrent particulièrement vigilants lorsqu'il s’agit de choisir leurs produits. Ils les veulent locaux et de saison. Mais comment expliquer que cette année, en octobre, on peut manger d’excellentes fraises alsaciennes ?

Des fraises en plein octobre
Des fraises en plein octobre

Fruits de saison. Les agriculteurs et cultivateurs les connaissent sur le bout des doigts. Et pour cause ! Leur travail dépend littéralement des saisons. En fonction du produit, ils sont plus ou moins à la tâche. Mais cette année, il semblerait qu’une étrangeté ait fait son apparition sur les étals d’Alsace et dans les supermarchés. En effet, en plein mois d’octobre, les habitants ont pu acheter des fraises locales.

Des fraises locales, juteuses et sucrées en plein mois d’octobre

Les fraises sont normalement des fruits estivaux. Plus précisément, la bonne période s’étend en général de mai à juillet. Car les fraises ont besoin de chaleur et d’air sec, ce qui est plutôt caractéristique des mois d’été. Seulement voilà, avec le réchauffement climatique et la hausse des températures, ces conditions sont toujours réunies en octobre pour que les professionnels puissent cueillir le fruit.

Les effets du réchauffement climatique se font sentir chez les agriculteurs

Thierry Peterschmitt est maraîcher dans le Haut-Rhin et a constaté que ses fraises étaient parfaites pour être vendues.

La saison est terminée depuis fin juin début juillet, mais avec cette repousse, elles sont si belles et exceptionnelles en goût, je ne pouvais pas les laisser pourrir sur place. Cela arrive parfois qu’il y ait quelques remontées en septembre, mais on ne les ramasse pas car il n’y en a pas assez et ce n’est pas intéressant économiquement [...]

Nous parlons donc bien de fraises locales et non pas transportées par avion ou autre moyen de transport, de l’autre bout du monde. Ce sont des fraises françaises, juteuses et sucrées à souhait, qui semblent même meilleures que celles d’été. Il faut néanmoins bien prendre en compte que les terres alsaciennes sont aussi particulièrement propices à cette surprise, avec une plaine ventilée, des terres chaudes et un air sec.

Les agriculteurs doivent repenser leur métier
Les agriculteurs doivent repenser leur métier

Mais si les fraises ont eu la chance de pouvoir pousser tranquillement grâce à un climat des plus propice, ce n’est pas le cas pour d’autres produits d’été, et même d’automne, comme l’affirme Thierry Peterschmitt.

[...] Pour l’ensemble des fruits et légumes d’Alsace, c’est compliqué. Cela a été catastrophique pour toutes les productions d’été, et même pour les fruits d’automne, comme les pommes par exemple. Ça a souffert du chaud, et d’une manière importante.

En somme, cette surprise de pouvoir acheter d’excellentes fraises françaises en plein mois d’octobre n’est pas vraiment une bonne nouvelle. Car cela ne devrait pas être possible. Les fraises sont un fruit estival et les pommes ne devraient pas pâtir de hautes températures en plein automne. En réalité, cette situation est le reflet des conséquences du réchauffement climatique, que les agriculteurs doivent désormais prendre en considération.

Les pommes subissent les hautes températures
Les pommes subissent les hautes températures

En définitive, avec la hausse des températures, l’air sec et les variations météorologiques, les agriculteurs, cultivateurs et autres maraîchers se voient désormais contraints de repenser leur métier. Sans compter que le lieu géographique joue aussi un rôle essentiel dans la production. Le changement climatique va également rebattre les cartes des lieux de production de nombreux produits.

Référence de l'article

Gilles Varela. (2026). C’est quoi cette histoire de fraises alsaciennes en automne ?.