Un institut propose de rester 30 minutes sous 50°C pour dénoncer les conséquences de la chaleur sur notre cerveau

Les vagues de chaleur successives en Europe, et notamment en France, ont donné des idées à certains. Un institut a créé un camion chauffé à 50°C, installé dans Paris, pour dénoncer les conséquences de la chaleur sur le cerveau.

Les appartements sous les toits, lors des canicules
Les appartements sous les toits, lors des canicules

Coup de chaud. Un institut a eu une idée pour le moins singulière. Il s’agit du Human Adaptation Institute, un institut de recherche qui s’intéresse à l’adaptation au changement climatique. Le projet : créer, dans un camion, une sorte d’espace à 50°C et à 25 % d’humidité. L’objectif à travers cette expérience, c’est de comprendre ce qui nous attend dans quelques années, à cause du réchauffement climatique.

C’est à Paris, place de la République, que les habitants ont pu se prêter à l’expérience

Une expérience déjà réelle en vérité, puisque, même si les températures ne grimpent pas jusqu’à 50°C actuellement (tout du moins, pour l’instant), les Parisiens habitant les appartements sous les toits de la capitale subissent déjà de plein fouet la canicule et ce, sans interruption. On a pu découvrir ces conditions particulièrement difficiles lors des canicules successives de cet été, en France.

La chaleur a de réelles conséquences sur le cerveau et ce, dès 24°C

Les inventeurs de ce camion chauffé ont créé un scénario particulièrement inquiétant. Le véhicule représente un appartement parisien, en pleine canicule. Le pic de chaleur monte donc à 50°C. L’appartement se situe à une dizaine d’étages et l’ascenseur ne fonctionne pas. Et pour corser la situation : des packs d’eau sont à monter à l’appartement. Autant dire que très rapidement, la sueur fait son apparition.

Mais la chaleur ne crée pas seulement une réaction purement physique, comme le fait de transpirer. Ça va même au-delà des vertiges, des nausées ou de la sensation de lourdeur. Notre cerveau en pâtit directement, puisque les capacités cognitives tendent à tourner au ralenti, comme l’explique la docteure Anne Sénéquier.

Le cerveau est trop occupé, il y a moins d’espace psychique disponible
Un été accentué par des chaleurs caniculaires
Un été accentué par des chaleurs caniculaires

Pour pallier cette chaleur considérable, le corps tente de réagir. Sa température augmente et, si l’on prend sa température, on constate que cette dernière est un peu plus élevée, même si l’expérience ne dure que trente minutes. Quant au cerveau, les résultats sont sans appel : manque de concentration, mémoire qui flanche ou encore, raisonnement approximatif… Bref, difficile de garder la tête froide.

Même son de cloche chez Christian Clot, chercheur et cofondateur du Human Adaptation Institute (HAI). Le rapport de l’institut affirme que les impacts sur le cerveau commencent dès 24°C et s’accentuent fortement dès lors que l’on dépasse les 32°C.

Plus, il fait chaud, plus le cerveau va réduire l’activité comme la mémoire à court terme ou des fonctions un peu plus complexes comme la manipulation d’objets, la capacité à faire société
Les incendies ont ravagé de nombreux hectares
Les incendies ont ravagé de nombreux hectares

Cet été, les feux de forêt, les hospitalisations et les décès à cause de la canicule ont tristement rythmé le quotidien. La Fondation pour le logement appelle à une végétalisation des espaces urbains, ainsi qu’à équiper les logements de brasseurs d’air et de volets.

Référence de l'article

Emilie Jehanno. (2026). On a testé vivre sous 50 °C dans un logement bouilloire… et on n’a pas aimé (notre cerveau non plus).