Des influenceurs postent des vidéos virales avec des animaux sauvages ! Les associations tirent la sonnette d'alarme
De plus en plus d’influenceurs publient des photos et des vidéos d’eux caressant un animal sauvage ou le tenant en laisse. Ces contenus inquiètent fortement les associations de protection animale, qui tirent la sonnette d’alarme.

Maltraitance animale. Ces vidéos concernant des espèces animales, pourtant considérées comme sauvages, font le tour des réseaux sociaux, comme Tik Tok ou Instagram. On peut y voir toutes sortes d’animaux, du capybara au serval, en passant le lion. Sur ces vidéos, on peut voir des personnes les tenir en laisse, leur faire un câlin ou encore, tout simplement, les domestiquer. Et cela inquiète fortement, et à juste titre, les associations de défense des animaux sauvages.
Des photos et des vidéos avec des capybaras, des lions ou encore, des chimpanzés
On parle ici du quatrième trafic le plus lucratif de la planète. Il vient se positionner après celui des drogues, celui des armes et enfin, celui de la traite d’êtres humains. Les Nations Unies et Interpole, dans un document concernant la criminalité environnementale, affirment que ce marché pèse, annuellement, entre 7 et 23 milliards de dollars. Des chiffres effrayants, qui n'empêchent pas certains influenceurs de surfer sur la vague des animaux sauvages pour faire plus de buzz.
Des influenceurs de plus en plus nombreux à publier ce genre de contenus
C’est le cas du très influent youtubeur Mr Beast, numéro un mondial. Dans une vidéo, ayant récolté des centaines de milliers de vues, les participants doivent devenir quel animal ils touchent, en passant leur main à travers l'ouverture d’une boîte opaque. Est-ce un ours ? un alligator ? C’est le jeu. Le problème : comment se fait-il que cet influenceur soit en mesure de proposer un tel jeu ? Et les associations ne sont pas les seules à tirer la sonnette d’alarme, concernant cet intérêt pour les animaux sauvages.
Réseaux sauvages, association de protection, ainsi que le Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw) constatent également une explosion de ce type de vidéos virales. Le Ifaw a d’ailleurs publié un rapport, le 28 avril dernier, affirmant que ce contenu tend à augmenter l’intérêt du public pour ces animaux. Nombreux sont ceux qui souhaitent les approcher, les toucher, voire même, les adopter. Seulement voilà, ces animaux n’ont rien à faire chez un particulier.

Anaïs Therond, de Réseaux sauvages, pointe du doigt ces contenus problématiques. « Les influenceurs ont bien compris que la mise en scène d’animaux sauvages sur les réseaux crée beaucoup d’émotions, d’empathie et peut donc augmenter la notoriété et avoir un intérêt lucratif. Avec la professionnalisation du métier, cela a entraîné une accélération de ce phénomène. » Malheureusement, ces vidéos ont une incidence directe sur le public et notamment les plus jeunes.
Même son de cloche chez Eugénie Pimont, de Ifaw. « Si un singe ouvre la porte d’un frigo pour se servir d’un yaourt, on peut se demander légitimement, a-t-il sa place ici ? Et la réponse est forcément non. Le singe doit vivre dans l’environnement naturel où il est né, en groupe, avec les membres de son espèce. » Au delà de ne pas liker, commenter ou partager ces vidéos, les associations demandent également aux internautes de signaler tout ce qui ressemble à de la vente en ligne de ces espèces sauvages.