En France, vous pouvez légalement détenir un animal sauvage
En France, il peut être légal de détenir un animal sauvage, à partir du moment où de nombreuses règles sont respectées. Mais la mort du caïman à lunettes, retrouvé dans le canal de Roubaix, relance le débat.

Animaux de compagnie. Un chien, un chat, un poisson rouge… Les animaux domestiques prennent une place importante au sein du foyer. Si certains optent pour un animal plus classique, d’autres préfèrent les NAC, les nouveaux animaux de compagnie (qui ne sont d’ailleurs plus si nouveaux que ça au sein de la famille. Parmi eux, les furets, les geckos et même, les serpents ont trouvé une place domestique. Mais il est de plus en plus fréquent de voir de toutes nouvelles espèces être domestiquées par des particuliers.
Lion, éléphant, baleine… Vous pouvez, sur le papier, les détenir en captivité
On parle ici d’animaux considérés comme sauvages, tels que des crocodiles, des hyènes ou même, des requins. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il semble qu’en France, cette pratique ne soit pas illégale, mais simplement “strictement encadrée” par les articles L413-1 à 5 du Code de l’environnement. Mais aussi par l’arrêté du 8 octobre 2018 et son annexe II. Mais alors que l’affaire du caïman de Roubaix est encore sur toutes les lèvres, cela pose une question profondément éthique.
Doit-on avoir le droit ou non de détenir un animal sauvage ?
Et ce, même avec le certificat de capacité obligatoire, délivré par la commission en préfecture, qui atteste de sa capacité à avoir cet animal ? Alexis Maillot est vétérinaire et directeur zoologique de zoo. Il explique qu’il faut distinguer les différentes catégories d’animaux. « Il y a trois catégories dans cette annexe, les animaux qui ne nécessitent pas de formalité, ceux nécessitant une déclaration de détention et ceux pour la détention desquels il faut obtenir un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture ».
A noter que, dans cette annexe, on retrouve la liste des animaux qualifiés de “non-domestiques”. Y sont stipulées les conditions de captivité à respecter. Elles concernent les particuliers, mais aussi les zoos et les aquariums. En d’autres termes, il est indiqué qu’il est absolument indispensable que l’animal puisse avoir une captivité correspondant à son mode de vie et, bien sûr, qu’aucune maltraitance animale ne sera tolérée. « C’est instruit en préfecture par une commission comprenant des experts », précise le vétérinaire.

Il reprend l’exemple du caïman. « Concrètement, pour un caïman à lunettes qui peut mesurer jusqu’à 2 m adulte, il faut un terrarium d’au moins 20 m2 comprenant un bassin chauffé et filtré adapté à sa taille, un point chaud en dehors à plus de 30 °C, un point plus froid à environ 20 °C, de la lumière naturelle et des conditions de sécurité pour éviter qu’il ne s’échappe [...] En théorie, il est possible de détenir quasiment n’importe quelle espèce en captivité, même si les conditions sont généralement impossibles à réunir pour un particulier », conclut-il.
Si toutes ces conditions sont nécessaires et qu’il est quasiment impossible de toutes les remplir, alors pourquoi autoriser des particuliers à détenir des animaux sauvages ? Des animaux de la savane ou des fonds marins, habitués à des climats différents, ne peuvent pas s’adapter à la vie en captivité. Et surtout, le fait de détenir des animaux sauvages et, par conséquent, souvent dangereux, ne doit-il pas poser la question de la sécurité d’autrui ?