Ce tout petit État pourrait bien finir par disparaître à cause du changement climatique
Si le changement climatique nous affecte tous, il est des régions du monde qui en sont les victimes directes et qui subissent au quotidien les conséquences de nos actions. Parmi elles, les îles du Pacifique, à l’image d’un petit État, le Tuvalu.

Îles du Pacifique et changement climatique. La crise climatique nous concerne tous. Malheureusement, certains la vivent de façon plus violente que d’autres. Pour le moment, certains en sont protégés, mais pour combien de temps ? A l’autre bout du monde, nombreux sont ceux qui voient les résultats de ce fléau tous les jours. C’est le cas des îles du Pacifique, en première ligne. Elles sont les victimes directes du changement climatique et notamment un petit État, très méconnu, Tuvalu.
Le Tuvalu n’abrite même pas 12 000 habitants
En plein océan Pacifique, perdu entre l’Australie et Hawaii, ce petit bout de terre abrite moins de 12 000 habitants. Entre traditions ancestrales et nature à couper le souffle, on peut comprendre que les habitants soient dévastés par le risque de vivre à Tuvalu, particulièrement vulnérable à la montée des eaux. Fenuatapo Mesako est chargé de programme à l'Association de santé familiale. Pour lui, même conscient de la situation extrêmement précaire de l’île, partir serait un déchirement.
Les îles du Pacifique, victimes directes du changement climatique
« C'est vrai que le changement climatique nous affecte, mais on veut rester. On ne veut pas être des Tuvalais dans un autre pays. On veut être des Tuvalais à Tuvalu. » Une volonté d’autant plus compréhensible que le Tuvalu n’y est finalement pas pour grand-chose. En effet, l’île possède l’une des empreintes carbone les plus faibles au monde, d'après Climate Watch. Quoi de plus injuste que de constater et de subir les conséquences catastrophiques de l’action humaine, lorsque celle-ci vient de l’autre bout du monde ?
Et pas que ! L’Australie aussi est dans le viseur des Tuvalais. « La meilleure chose que l'Australie puisse faire pour soutenir des pays comme Tuvalu est d'arrêter ses industries de combustibles fossiles », assure le directeur exécutif du Tuvalu Climate Action Network, Richard Gorkrun. Malheureusement, les chercheurs sont particulièrement inquiets. Selon eux, d’ici 2050, la capitale Funafuti pourrait bien finir par être submergée à 50 %. Seulement voilà, la capitale Tuvalaise accueille plus de la moitié de la population.

La ministre du changement climatique de l’île, Maina Talia, déplore cette situation, particulièrement alarmante. « Nous ne pouvons pas considérer que la migration est un fait acquis. Mais si nous nous réveillons demain matin et que la moitié de la population a été anéantie par l'océan, qui devrons-nous blâmer ? » Une question légitime, lorsque l’on sait que les îles du Pacifique, à l’image de Tuvalu, subissent une montée des eaux généralisée, alors même que leur empreinte reste très faible.
L’ancien ministre des Affaires étrangères, Simon Kofe, déplore notamment les comportements de certains gouvernements. « C'est parce que chaque nation pense à son propre intérêt que nous nous sommes retrouvés dans ce pétrin. Nous devons cesser de nous comporter comme si nous étions tous sur des îles » a-t-il déclaré. Pour lui, c’est l’action collective qui devrait être en première ligne pour lutter contre le réchauffement climatique.