Tchernobyl : 40 ans après la catastrophe nucléaire, des champignons toujours contaminés en France !

La contamination radioactive de Tchernobyl est toujours détectable en France dans de nombreux champignons, 40 ans après la catastrophe nucléaire. C'est ce que révèlent des travaux scientifiques effectués en 2025 lors d'une étude participative.

Des champignons récoltés en France encore contaminés par des substances radioactives, 40 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
Des champignons récoltés en France encore contaminés par des substances radioactives, 40 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Le 26 avril 1986, l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine explose. L'atmosphère est alors contaminée par la libération massive d'éléments radioactifs, et ce par delà les frontières, causant ce qui deviendra l'une des catastrophes nucléaires les plus graves de l'histoire.

Pendant plus de dix jours, le panache radioactif se disperse sur une grande partie de l'Europe, jusqu'en France. Parmi les contaminants à vie longue, encore détectables aujourd’hui, le césium-137 demeure un marqueur majeur de cet héritage radioactif. Des chercheurs ont donc souhaité dresser une cartographie de la contamination en césium-137 en France.

Du césium-137 retrouvé dans les champignons en France

En collaboration avec l’association Les Enfants de Tchernobyl, l’ACRO a mené une étude participative en organisant une grande campagne de prélèvements de champignons où des citoyens bénévoles ont collecté des échantillons. Les résultats ont été publiés le 31 mars dernier.

« Les champignons, en raison de leur capacité à concentrer certains radionucléides présents dans les sols, constituent des bio-indicateurs particulièrement pertinents pour évaluer l’impact à long terme des retombées de Tchernobyl », explique l'étude.

Leur analyse permet d’appréhender la mémoire des dépôts passés. Ils sont par ailleurs consommés par la population, ce qui pose directement la question de l’exposition humaine.

Des contamination au-dessus du niveau admissible

Entre septembre et décembre 2025, 90 échantillons, dont 74 récoltés en France et aussi en Ukraine, de différentes espèces de champignons sont reçus par les chercheurs. 59 échantillons sur les 74 analysés étaient contaminés par le césium-137, soit plus de 80 % d’entre eux, avec une majorité de cèpes, bolets, pieds de mouton, russules et chanterelles.

Les niveaux de contamination en césium-137 varient selon les espèces de champignons et les régions. Le niveau le plus important est mesuré dans des bolets récoltés en Alsace avec des valeurs maximales de 1 320 Bq/kg sec et 840 Bq/kg pour les pieds de mouton dans le Jura. Des niveaux non négligeables sont également relevés dans l’Ouest de la France, notamment en Normandie, où des russules noircissantes présentent une activité de 512 Bq/kg de matière sèche.

Les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive en césium‑137 pour les aliments mis sur le marché européen sont de 370 Bq/kg pour les aliments destinés aux enfants, et de 600 Bq/kg de césium‑137 pour tous les autres aliments.

Quels sont les risques pour la santé ?

À long terme, la consommation de césium-137, avec une exposition faible à modérée, peut causer de graves répercussions sur la santé. Elle peut entraîner une augmentation du risque de cancers, principalement thyroïdiens, digestifs et sanguins, mais aussi affaiblir le système immunitaire et causer des troubles cardiovasculaires et neurologiques.

Références de l'article :

Géo, Tchernobyl: des champignons français encore contaminés par la radioactivité 40 ans après

ACRO, TCHERNOBYL, 40 ANS APRES ? RESULTATS DE LA CAMPAGNE D’ANALYSE DE CHAMPIGNONS