Dior, Chanel, Louis Vuitton, YSL, Shein : ils déplument les autruches vivantes pour la mode !
Sur les vestes, les robes, sur les manches des chemisiers ou encore sur les chaussures, les plumes sont la nouvelle fourrure… Au prix du bien-être animal !

Derrière les plumes qui ornent robes, vestes et accessoires se cacherait une réalité beaucoup moins glamour. Une nouvelle enquête menée en Afrique du Sud révèle les conditions particulièrement douloureuses dans lesquelles certaines autruches sont déplumées vivantes.
Plusieurs fournisseurs étudiés seraient liés à de grands noms de la mode, de Dior à Chanel en passant par Louis Vuitton, Yves Saint Laurent et même le géant de l'ultra fast-fashion Shein.
Déplumées vivantes…
L'enquête, intitulée « Blood Feathers » (« Plumes de sang »), a été publiée en septembre 2026 par les ONG World Animal Protection et Collective Fashion Justice.
Des autruches plumées vivantes pour des marques de luxe bien connues. pic.twitter.com/OjGzS21xnD
PBE (@Pbe95) September 25, 2026
Des images tournées dans des élevages commerciaux sud-africains montrent notamment des autruches regroupées et immobilisées, parfois avec un sac placé sur la tête.
Une technique de plumage douloureuse
Les enquêteurs ont documenté différentes méthodes de récolte. Dans certains cas, des plumes seraient directement arrachées sur les animaux vivants. Une autre technique consiste à couper la plume au-dessus de la « ligne de sang », puis à retirer ultérieurement à l'aide de pinces la partie restée dans la peau.

Selon les ONG, cette manipulation peut provoquer douleur, stress, saignements et lésions des tissus. Dans l'un des élevages étudiés, les enquêteurs affirment que l'opération était répétée sur certaines autruches environ tous les six mois.
Dior, Chanel, Louis Vuitton, YSL et Shein dans le viseur
Pourquoi cette enquête fait-elle autant parler ? Parce que les installations et fournisseurs étudiés sont reliés, selon les investigations des ONG, à plusieurs géants de la mode : Chanel, Dior, Louis Vuitton, Yves Saint Laurent (Saint Laurent) et Shein.
Cela ne signifie toutefois pas que toutes les plumes commercialisées par ces marques ont nécessairement été obtenues par plumage à vif. L'enquête met en cause leurs chaînes d'approvisionnement et les pratiques observées chez certains producteurs de la filière sud-africaine.
Un rapport d'ONG révèle que des autruches sud-africaines sont plumées vivantes pour la haute couture, causant douleur et blessures. https://t.co/8qZCzILARC pic.twitter.com/QyIqYlCV6N
— FashionUnited France (@FashionUnitedFR) September 23, 2026
Le sujet concerne aussi bien le luxe que la fast fashion. L'Afrique du Sud représente environ 75 % du marché mondial de l'autruche. Au cours de la saison 2024-2025, plus de 150 tonnes de plumes auraient été exportées par le pays, tandis qu'environ 150 000 autruches ont été abattues pour les filières de la viande, du cuir et des plumes.
Cruelty Free Washing ?
Ces révélations interrogent d'autant plus les engagements de bien-être animal affichées par les entreprises. LVMH, propriétaire notamment de Dior et Louis Vuitton, indique par exemple viser des approvisionnements en plumes et duvet recyclés ou provenant de fournisseurs répondant à plusieurs standards reconnus…

De son côté, Shein affirme dans sa politique de bien-être animal interdire à ses fournisseurs et vendeurs l'utilisation de matières provenant d'animaux considérés comme « exotiques », liste dans laquelle l'entreprise mentionne explicitement l'autruche.
L'enquête des ONG soulève donc des questions sur la traçabilité réelle des plumes et le contrôle des pratiques en amont de la chaîne de production.
Les plumes, nouvelle fourrure de l'industrie de la mode ?
Alors que de nombreuses maisons ont progressivement abandonné la fourrure, les plumes restent très présentes sur les podiums. Elles sont utilisées pour apporter du volume et du mouvement aux vêtements, notamment dans les collections de luxe.
Mais les associations de protection animale veulent désormais attirer l'attention des consommateurs sur leur origine. Elles contestent notamment l'idée selon laquelle les plumes d'autruche seraient simplement récupérées après leur chute naturelle.
Certaines enseignes ont déjà choisi de s'en passer. Plusieurs Fashion Weeks ont également commencé à restreindre l'utilisation de plumes d'oiseaux sauvages. Après la fourrure et les peaux exotiques, les plumes semblent devenir le nouveau matériau à la mode au prix du bien-être animal…
Référence de l'article
Brut.. (28/09/2026). Des autruches déplumées vivantes.