COP28: cette réunion va-t-elle servir à quelque chose ou est-ce-que c'est trop tard?

Huit ans après l'Accord de Paris, le système économique actuel qui permet aux pays industrialisés de s'enrichir dépend toujours à 80% des énergies fossiles: les émissions mondiales de GES continuent d'augmenter; Après presque une trentaine de COP nous avons 66% de chance de limiter le réchauffement à environ 2,6°C d'ici la fin du siècle.

COP28
COP28: 30 novembre au 12 décembre 2023

Le système économique actuel qui permet aux pays industrialisés de s'enrichir dépend toujours à 80% des énergies fossiles ; les émissions de GES ne cessent d'augmenter. La limite de 1,5°C fixée par l'Accord de Paris est loin d'être respectée, pire encore: après presque une trentaine de COP, l'UNEP annonce dans son rapport d'évaluation en 2022 que nous avons "66% de chances de limite le réchauffement à environ 2,6°C à la fin du siècle." Nous sommes à la 28ème COP qui se tiendra cette fois-ci dans un pays pétrolier : Dubaï. On se demande si les COP sont vraiment utiles. La COP28 servira-t-elle à quelques choses?

Qu'est-ce-qui se passe sur notre planète?

Nous sommes face à de multiple crises liées les unes aux autres : 93% des pays les plus vulnérables et touchés par le changement climatique sont surendettés ou risquent d'être surendettés ; nous voyons la biodiversité s'effondrer sous nos yeux. Les impacts du changement climatique se font de plus en plus ressentir.

Les émissions de GES, malgré qu'elles soient inégalement réparties au niveau de la planète, entrainent des changements généralisés, rapides, inédits et de plus en plus intenses. Cela affecte de multiples manières chaque région du globe, notamment par l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des évènements extrêmes tels que les cyclones, les inondations, les sécheresses…

Le réchauffement induit par l'homme augmente à un rythme sans précédent de plus de 0,2°C par décennie.

Malgré les efforts d'adaptation, les impacts sont généralisés et graves pour la vie de milliards de personnes et la biodiversité ; les réponses d'adaptation sont inégales, avec parfois des mal adaptations. Les impacts et risques sont de plus en plus complexes et difficiles à gérer, pour certains irréversibles, et s'intensifient pour chaque incrément supplémentaire de réchauffement. Chaque fraction de degré compte.

Et les COP dans tout cela?

La plus célèbre et la plus importante des Conférences des Parties ou COP suite aux 3 conventions internationales du Sommet de la Terre à Rio en 1992 (Convention des Nations-Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) ; convention sur la diversité biologique (CDB) et la convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique (CNUCC)) est celle sur les changements climatiques qui se déroule chaque année. Les deux autres COP (COP sur la biodiversité et COP sur la désertification), quant à elles, se font tous les deux ans.

Vingt-huitième Conférence des Parties sur le Climat

La COP "Climat" constitue l'organe principal de décision de la CNUCC : les décisions prises dans ces réunions périodiques qui rassemblent décideurs et acteurs du climat dans les pays membres de l'ONU, signataires de la convention, devraient avoir un impact majeur sur les politiques climatiques au niveau mondial.

Sans mesures supplémentaires, les politiques actuelles conduisent à un réchauffement climatique de 2,8°C au cours de ce siècle.

Face au défi climatique actuel , un changement systémique est fondamental d'après les recommandation du GIEC, et cela ne pourra se concrétiser sans politiques ambitieuses et réalistes. Le capitalisme ne rime pas avec les efforts indispensables pour la réduction considérable des émissions de GES.

La distance de freinage du système climatique est de 20 à 30 ans : cela veut dire que la décision est à prendre MAINTENANT afin de pouvoir espérer des bénéfices d'ici 20 à 30 ans au plus tôt.

Par conséquent, dans les trois prochaines décennies, il faut impérativement s'adapter aux impacts du changement climatiques ET en même temps, réduire massivement les émissions au niveau global : tout est vraiment lié. Même si le Secrétaire général de l'ONU ne cesse de marteler que "les rapports du GIEC est une alerte rouge pour l'humanité", les actions tardent à se concrétiser.

Pétro-COP et sortie des fossiles : est-ce compatible?

Alors que la cause principale du réchauffement global de la planète est l'utilisation considérable de combustible fossile, il a été impossible d'évoquer ce sujet ouvertement à la COP jusqu'en 2021 où la sortie du charbon a été mis en relief. Désormais, il existe un consensus scientifique sur la nécessité de mettre fin à l'expansion pétro-gazière et de sortir rapidement des énergies fossiles. Aussi, les mouvements anti-fossiles sont en plein essor. Le fait est qu'il existe une déconnexion complète entre ce que la science dit et la réalité des politiques mises en œuvre.

Nous sommes face à un "Pétro-COP": le président de la COP28 est à la tête d'une des plus grosse compagnie pétrolière et gazière du monde , et la conférence a lieu dans un pays pétrolier. Il faut reconnaitre que le conflit d'intérêt est colossal et impensable. Cependant, le fait que ce leader pétrolier se pose des questions sur le futur de son industrie pourrait constituer un point important.

Gardons l'espoir que ces COP ne soient pas devenues des machines à "greenwashing", et que les grands enjeux pour limiter le réchauffement en deçà de 2°C soient discutés avec justice et équité à la COP28.

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