La canicule a un impact réel (et délétère) sur notre santé mentale
On connaît les effets nocifs de la chaleur sur notre corps. Mais qu’en est-il des effets sur notre cerveau ? Dans un entretien accordé au Parisien, le chercheur Christian Clot explique les conséquences de la chaleur sur notre santé mentale.

Chaleur extrême. La France est en pleine canicule et ce, depuis plusieurs semaines déjà. De nombreuses villes ont flirté avec les 40°C (certaines les ont même dépassés), tandis que les nuits sont de moins en moins supportables, car cette chaleur écrasante perturbe le cycle normal de sommeil. Le corps a du mal à redescendre en température et donc, la nuit est agitée, la fatigue s’installe et le cerveau est moins efficace au cours de la journée.
68 % des Français affirment avoir vu la qualité de leurs nuits se détériorer à cause de la chaleur
D’ailleurs, parlons-en, du cerveau. Car, comme le chercheur Christian Clot le rappelle,
Un comble, car si les conséquences de ces températures extrêmes sur notre corps, au niveau physiologique, sont assez bien connues, il n’en est pas de même pour notre cerveau. Et si notre cerveau est touché, notre santé mentale est aussi, indirectement, en danger.
La chaleur affecte grandement notre santé mentale
Le chercheur et cofondateur de l’Human Adaptation Institute explique que le cerveau, lui, ne libère aucune forme de sudation. Contrairement à la peau, qui a un moyen de “répondre” à cette chaleur. Mais alors, quels sont les moyens mis en place par le cerveau pour combler ce manque ? Le scientifique explique que, pour éviter de “surchauffer”, le cerveau va éviter de tourner à plein régime et ralentir la cadence.
Pour cela, il va supprimer plusieurs de ses activités et ses tâches quotidiennes, qui sont pourtant essentielles à notre bonne santé psychologique. Par exemple, la mémoire à court terme, les discussions avec autrui ou même, la manipulation physique d’objets sont désormais moins utilisées. Le problème, c’est que si ce procédé est installé sur le long terme, les répercussions peuvent se révéler catastrophiques.

Les individus peuvent aller jusqu’à subir ce que l’expert appelle le blocage cognitif et cela peut provoquer un véritable stress. Anxiété climatique, sentiment d’exclusion ou encore, fatigue mentale exacerbée… La chaleur attaque directement un organe déjà bien mis à mal par le climat actuel et sa saturation d’informations anxiogènes. Ce n’est pas seulement à l’échelle de l’individu que cela se joue, mais aussi à l’échelle de la société.
Plus de chaleur signifie moins de concentration et donc, plus d'erreurs, plus d’accidents. En 2023, l’équipe de Christian Clot est d’ailleurs partie dans le désert d’Arabie, dans le cadre d’un projet, dans le but de comprendre en quoi les hautes températures peuvent être décisives sur nos relations. Après avoir travaillé dans des environnements totalement différents (froid, sec, humide, chaud…), une constante se détache.

Les capacités sociales des individus se dégradent réellement. Les échanges demandent un effort réel, sensoriel et le cerveau, sous une trop forte chaleur, ne peut tout gérer aussi facilement que dans un milieu tempéré.
Référence de l'article
Emilie Jehanno. (2026). Canicule : Les jours de chaleur cumulés génèrent « un cocktail délétère pour le cerveau ».