Des bouteilles en plastique recyclées mais pas réemployées, un vrai problème environnemental
Des bouteilles en plastique recyclées et non pas réemployées. Un véritable problème pour les associations de défense de l’environnement, pour qui ce projet gouvernemental ne fait que renforcer l’utilisation du plastique.

Révolte environnementale. Les ONG et certains élus locaux montent au créneau contre un projet gouvernemental. Celui-ci prévoit de recycler les bouteilles en plastiques collectées au lieu de les réutiliser. Le projet a été relancé à la fin du mois de mai dernier par le président Emmanuel Macron, alors que les associations en faveur de l’environnement avaient déjà alerté une première fois, en 2023.
Mais alors, pourquoi cette distinction est-elle aussi importante ?
L’idée du gouvernement, c’est de recycler et non pas de réemployer les bouteilles en plastique. Axèle Gibert, coordonnatrice prévention déchets chez France Nature Environnement (FNE) explique le problème. « Ce n’est pas un système de consigne pour réemploi [...] mais un système qui va permettre aux industriels de récupérer ces bouteilles pour produire encore plus de plastique ».
Le problème est bien là : les bouteilles ne sont pas lavées pour être réutilisées ensuite
Elles vont être recyclées. D’ailleurs, de nombreux détracteurs du projet, dont des élus, veulent utiliser un autre terme que “consigne”. Selon eux, les bouteilles ne sont pas “consignées”. Ils parlent même de greenwashing. Nicolas Garnier, membre de l’association Amorce n’y voit que du profit pour les industriels. « Cette vaste mesure de " greenwashing " n’a d’autre but que de vendre plus de bouteilles plastiques jetables ».
Pour le maire de Bures-sur-Yvette (Essonne), « il va falloir maintenant prendre des mesures qui font comprendre à l’Etat que nous ne nous laisserons pas faire contre cette absurdité ». Côté gouvernement, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, explique que « le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n’était que de 58,4 % en 2024, contre un objectif de 90 % ».

Sans le succès de cet objectif, alors « la mise en œuvre de la consigne pour recyclage sera obligatoire au 1er janvier 2029 ». Le projet « coûterait entre 1 et 3 milliards d’euros aux consommateurs », selon Nicolas Garnier. Un véritable bras de fer est en donc en cours, entre le gouvernement et les détracteurs du projet. Certains maires de l’Hexagone, soutenus par des syndicats de gestion des déchets, veulent frapper fort.
Ils avaient notamment menacé de « suspendre le paiement de la TGAP », l’acronyme pour évoquer la taxe générale sur les activités polluantes. Une menace qui pourrait se transformer en situation réelle si le gouvernement ne changeait pas d’avis et s'évertuait à camper sur ses positions. Le député Philippe Vigier a d’ailleurs déploré, au nom des détracteurs du dispositif, « ce qui n’est plus une concertation, mais une injonction » de la part de l’Etat.

Pour l’instant, la discussion semble gelée. L’entente n’est pas au beau fixe et les associations déplorent que le gouvernement donne le droit aux industriels d’utiliser encore et toujours le plastique, au lieu de lutter contre cela et de tenter de réduire son usage au maximum.
Référence de l'article
20 Minutes avec AFP. (2026). Taxé de « greenwashing », le projet du gouvernement de consigne pour les bouteilles plastiques contesté.